Chemins de Poussières

Ne remarquez vous pas que l'on supporte l'insupportable et que l'on accepte l'inacceptable ?

mardi 29 mai 2007

1005.Je me livre....

img_blog_020905_livresSur les blogs circulent des jeux, des machins, des bidules voire des trucs plus ou moins intéressants que l'on se passe de liens en liens ; j'en vois défiler certains que je balaie d'un revers de clavier : je ne suis pas fan de ce genre d'exercice. Mais Fuligineuse vient de me lancer un défi qui, parait il, est de Procuste : une série de questions sur les bouquins. Bouquins.. livres....voilà des mots ma foi qui sonnent bien à mon oreille, comme celui de Procuste d'ailleurs, et rien que pour sa sonorité je sors de mon aversion naturelle pour ces petits jeux....

Les 4 livres de mon enfance : Voyage au centre de la terre - Tintin (!) - Le club des cinq (vous vous rappelez, dans la bibliothèque verte...) - et je ne m'en rappelle que de trois..

Entre l'enfance et l'adolescence : Notre Dame de Paris - Verlaine et Rimbaud - Chateaubriand (en particulier "Mémoires d'outre tombe") - Don Quichotte.

4 écrivains que je lirai et relirai encore : Flaubert - Régis Jauffret - Michel Leiris - André Brink.

Les 4 premiers de ma liste à lire (entre autres) : Jazz et vin de palme, de Emmanuel Dongala - Histoire de la folie à l'âge classique, de Michel Foucault - Biffures, de Michel Leiris - Microfictions, de Régis Jauffret.

4 livres que je suis en train de lire : L'Age d'homme, de Leiris - Le labyrinthe du pèlerin, de Cees Noteboom - La peur, de Gabriel Chevalier - La mauvaise vie, de Fréderic Mitterand (en fait, celui ci je le relis).

3 livres que j'emporte sur une ile déserte : L'age d'homme, de Leiris - Tous les écrits de Rabelais - Toute l'oeuvre de Saint Exupéry.

Deux questions auxquelles je ne peux répondre : les dernières lignes de mon livre préféré, parce que je ne sais que choisir ; et les 4 auteurs fétiches que je ne relirai jamais, parce que qui peut dire jamais ?... Ce qu'il y a d'emmerdant dans ce  genre de questionnements, c'est qu'ils sont terriblement réducteurs, surtout en ce qui concerne les livres, car franchement mon amour des bouquins est tellement plus large, plus curieux, plus éclectique....

Il faut passer la main semble t-il à sept de mes camarades : Hadrienne, Tempérance, Alain X, Angeline, Phillipe(s), Kitab et Coumarine.

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lundi 28 mai 2007

1004.Ensemble.

Et quand nos regrets viendront danser
autour de nous nous rendre fous
Seras-tu là ?

Pour nos souvenirs et nos amours
Inoubliables inconsolables
Seras-tu là ?

Pourras-tu suivre là ou je vais ?
Sauras-tu vivre le plus mauvais ?
michel_berger_03La solitude le temps qui passe
Et l'habitude regardes-les
Nos ennemis dis-moi que oui
Dis-moi que oui

Quand nos secrets n'auront plus cours
Et quand les jours auront passé
Seras-tu là?

Pour, pour nos soupirs sur le passé
Que l'on voulait que l'on rêvait
Seras-tu là?
Le plus mauvais
La solitude le temps qui passe
Et l'habitude regardes-les
Nos ennemis dis-moi que oui
Dis-moi que oui?
Là ?
Seras-tu là ?


Michel Berger est né en 1947, mort en 1992.

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dimanche 27 mai 2007

1003.Darfour, terre de douleurs.

Capture01Il y a quelques années, le photographe Raymond Depardon avait sorti un livre, doublé d'un film, qui s'intitulait "Afrique, comment ca va avec la douleur ?" Il est  vrai que le continent est terre de souffrances. Comme il est tout aussi vrai qu'elle est terre de créations, de vie, de soleil et de vitalités intellectuelles.Mais autant certains conflits que je ne citerai pas tant tout le monde les connait sont ultra médiatisés, d'autres au contraire sont totalement oubliés. Qui sait exactement où se situe le Darfour ? Qui sait précisément les forces en présence ? Qui connait les tenants et les aboutissants de tout ca ? J'avais écrit ici même que je parlerai de cette région du monde, l'occasion m'en est donnée ; je la saisis. Le logiciel Earth de Google vient d'avoir l'excellente initiative d'ajouter à ses cartes une documentation fournie sur le Darfour et sur le véritable drame qui s'y joue.La capture d'écran ci contre en est extraite.  Tout cela se passe loin, très loin de nous et surtout des caméras des médias de la planète. Parce que quelque part tout le monde s'en fout, tout simplement. On en a parlé très tard (rappellons quand même que tout a commencé en 2003...), de façon sporadique à la manière d'un feuilleton dont on aurait raté pas mal d'épisodes, sans aller au fond des choses. Nous mêmes ne sommes pas exempts : contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, on vit dans une époque d'individualisme forcené, on nous encourage à nous centrer sur notre petite personne. Quelques ONG sont sur place, quelques  journalistes ou photographes aussi. Certains gouvernements lancent une phrase par ci par là. L'union européenne ou les Etats Unis emettent parfois une opinion. Mais force est de constater que rien ne se passe. Je n'ai pas une passion pour Bernard Henri Levy ou Bernard Kouchner, ceci dit je les ai toujours appréciés pour leurs capacités à s'engager vraiment, à aller au charbon ; à payer de leur personne s'il le faut. Ainsi Levy est allé là bas et pas pour faire de la figuration, il a essayé de mobiliser pendant la campagne électorale ; les candidats avaient répondu favorablement.  On va voir ce que va faire Kouchner. Débutons par le début : le Darfour, c'est où ? Région de l'ouest du Soudan aux confins du Tchad, elle s'étend sur environ 510 000 km carré ; majoritairement peuplée de musulmans sauf au sud où l'on trouve des animistes. Rappelons brièvement que l'animisme est une croyance qui explique le monde par des âmes ou des esprits analogues à la volonté humaine, on la trouve en Afrique bien sur mais aussi en Amérique du sud ou en Océanie. Le Darfour par sa configuration ne peut supporter une grande densité de population. darfourHistoriquement, pour résumer, le Darfour a d'abord été une série de royaumes. L'islam semble avoir été introduit au XIVe siècle par les Tondjour, dont le roi aurait été Ahmed El-Makour. C'est en 1821 que l'Egypte décida de s'approprier le Soudan et donc d'occuper le Darfour. Nos amis anglais débarquent, les Egyptiens ne peuvent faire autrement que de gouverner avec eux, ce gouvernement bicéphale reconnaît alors un certain Ali Dinar comme sultan du Darfour. Lequel s'allie en 1916 avec l'empire ottoman pour déclarer la guerre à la Grande Bretagne.... Celle ci mate la rebellion et incorpore la région au Soudan qui était alors devenu anglais. Lequel Soudan devient indépendant en 1956. Voilà pour les bases historiques et géographiques.Il est toujours très difficile de savoir pourquoi on déclenche une guerre. Ici il s'agit en plus clairement d'une guerre civile. Guerre politique bien sur, mais surtout conflit pour des ressources : l'eau en premier lieu. Faut il rappeler que la région est en proie à une terrible sécheresse depuis 1970 avec son corollaire, la famine ?  Par ailleurs la découverte de pétrole attire aussi beaucoup de convoitises. Piqure de rappel également : le Soudan lui même sortait d'un guerre civile d'une vingtaine d'années (2 millions de morts) au moment où celle du Darfour débutait. La région ne peut pas accueillir beaucoup de population, or celle ci a doublé en vingt ans. Beaucoup d'ethnies à la répartition imbriquée, peu d'espace : les tensions se nouent. Trois tribus principales vivent ici : les Four -qui ont donné leur nom à la région-, les Masalit et les Zaghawa. Hiver 2003 : l'opposition s'en prend au président soudanais Omar El Bechir ; celui ci en représailles laisse agir les milices arabes, les Darfour_guerreDjandjaouids. Par ailleurs, l'armée soudanaise bombarde le Darfour. La population commence à subir les pillages et les viols de bandes armées soutenues par Khartoum, la capitale du Soudan. Le conflit oppose donc les tribus que l'on va qualifier "d'arabes", nomades et chamelières et les tribus "noires-africaines", plus sédentaires  et aux traditions pastorales, surtout non-arabophones. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils ont en commun la religion : l'islam.Sans parler, inévitable dans ce genre de situation, des sous main : tout le monde sait par exemple que la Chine si courtisée économiquement soutient le régime de Khartoum dans sa politique de mort. Reste que le résultat de tout ceci est une catastrophe : viols, esclavage, pillage, boucheries inhumaines, déplacement de population, famine, desespoir, détresse, mortalité effrayante.  N'oublions pas tous ces gens : parlons en, encore et encore.

Quelques pistes pour s'informer : Urgence Darfour - SLD/Sauvons le Darfour - Ministère des Affaires étrangères -

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jeudi 24 mai 2007

1000.J'ai vu le temps qui passait...

100_0091_copieVoilà mille billets écrits ici, voici mille fois que je remets le métier sur l'ouvrage à moins que ce ne soit l'inverse. De l'eau est passée sous les ponts de ma vie depuis que j'ai ouvert ce blog en décembre de l'an de grâce 2004. Ouvert par hasard. J'ai écris ici sans cesse, j'ai voulu arrêter cent fois, j'ai passé des nuits blanches, des journées noires, des heures où l'on tourne en rond, où l'on ne sait plus rien, y compris comment on fait pour vivre. Des chagrins, des joies, des interrogations ; toutes ces questions qui s'ajoutent aux autres, mes regards qui se perdent dans des vides que je ne soupçonnais même pas. Toujours vivant, toujours debout. Des tempêtes m'ont fait plier, des vents m'ont mis à terre, de l'eau s'est engouffrée dans mon corps tel ce sable que le courant emporte en s'insinuant sous les portes. Mes mots vous ont choqué, d'autres vous ont agacé ; certains vous ont réchauffés, certains vous ont confortés ; tout comme les vôtres dans les commentaires ont fait battre mon coeur. Je ne sais pas si une nouvelle existence s'ouvre à moi, je ne sais rien de ce que sera demain. Ce que je sais c'est que je ferai tout pour réaliser ce qui coule dans mes veines, tous ces désirs, ces rêves, ces projets ; ce que je sais c'est que je me battrai encore et encore, pour moi et pour des tas d'autres. Bien évidemment  les soirs de fatigue m'emporteront encore, les silences me retrancheront encore du monde et la solitude me couvrira de sa cape certaines nuits de doutes et de tristesses.
Mais je serai là.
Ici et maintenant.

(On me demandait l'autre jour si j'avais prévu quelque chose de spécial pour le millième billet. Et bien non. Juste un petit aperçu de moi, enfin surtout de la chemise que je portais le jour de ce cliché....car j'ai toujours eu comme règle entre autres de ne jamais me montrer sur mon blog. Cliché un peu trafiqué pour que les pistes soient encore un peu plus brouillées....)

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mardi 22 mai 2007

998.Encore.

ph_003

La vague bleue déferle. Nicolas Sarkozy imprime un train d'enfer, se pose en sauveur de la Nation et joue plus finement qu'il n'a jamais joué. Il est très fort. Il manie l'image avec dextérité. Tout comme les symboles : on ouvre avec Kouchner, on fait parler les ministres positivement, on oublie qu'il y a des législatives ; on oublie tout finalement. Il y a des moments où ce que l'on dit est inaudible : et c'est ce qui se passe actuellement. Les socialistes peuvent dire ce qu'ils veulent ils ne seront pas entendus. Quiconque objectera quelque chose dans cette période n'aura presque pas d'oreilles attentives. On va appeler ceci l'état de grâce, ce que Villepin avait qualifié de cent jours. Patience. Le temps des cerises reviendra, même si  en ce moment nous sommes dans le temps des noyaux disait un journaliste. Je ne suis pas spécialement socialiste. Je ne suis pas communiste. Ce qui me frappe à chaque fois que la droite est au pouvoir c'est cette collusion avec les milieux financiers et médiatiques qui se met immédiatement en place, instantanément. Il me semble plus que jamais nécessaire de s'aérer l'esprit, de sortir des sentiers battus ; plus que jamais aiguiser son esprit critique. Monter sur les tables comme le faisait  Keating, vous vous souvenez du prof  du "Cercle des poètes disparus", pour voir ce qui se passe sous d'autres angles.
Courage.
Les roues tournent.

(Photographie personnelle de pages du journal Libération, édition du 19/20 mai)

Voici ce que l'on pouvait voir affiché sur la devanture d'un boulanger, ici, en France. Image publiée sur le blog d'Alain X, en lien ici à gauche. Cliquez sur l'image pour bien lire ce texte. Et ca ne fait que commencer...
lafrancesarkozyenneol3oj7

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lundi 21 mai 2007

997.Une France coupée en deux.

file_254444_146992Rappelez vous : il y a eu la France d'en bas et celle d'en haut avec le sémillant Raffarin. Recemment c'est Sarkozy, qui n'était alors que candidat,  parlant de la France qui se lève tôt et celle qui est assistée. Maintenant notre nouveau chef de l'Etat nous propose la France qui court et celle qui ne court pas.  Depuis quelques jours en effet, où qu'il se trouve, nous le voyons faire du jogging, entraînant même son joyeux luron de premier ministre.  On avait aussi la France qui fume et celle que l'on empêche de fumer, celle que l'on veut faire maigrir à tout prix avant l'été et celle qui mange comme d'habitude... ceux qui ont voté Royal et ceux qui ont voté Sarko. Que nous réserve l'avenir ? La France qui travaille plus pour gagner plus et ceux qu'on flique parce qu'ils glandent pour gagner autant ? La France boursière qui spécule sur le dos de ces mêmes personnes qui bossent plus pour gagner guère mieux et les autres qui vivent grâce à de coquettes allocations de toutes sortes ? Une France  qui peut se soigner et une autre qui garde ses caries, ses grippes, sa mauvaise vue , ses fins de mois -à partir du 10- plus que difficiles, insupportables ?
Allez : tous en short, baskets, tee-shirt ; le tout en Nike évidemment et hop, au bois de Boulogne (le parc des Buttes Chaumont est trop populo), tout redeviendra possible....

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dimanche 20 mai 2007

996."Des esclaves au paradis".

ph_010Sur une courte période, du 15 mai au 15 juin, se tient à Paris une exposition de photographies de Céline Anaya Gautier sur le thème de l'esclavage contemporain en République Dominicaine.  La photographe  présente ici son travail qui lui a valu d'être finaliste du prix Care et du prix Enquête du festival Scoop de la ville d'Angers. Déjà quelques références dans le métier. L'expo dénonce le trafic d'êtres humains et le maintien en esclavage des coupeurs de canne à sucre d'origine haïtienne dans les plantations de la République Dominicaine, petit pays situé sur une île  en Amérique centrale dans les caraïbes, entre Cuba et Porto Rico. Des noms qui font rêver mais l'envers du décor est plus que sinistre. Quand à Haïti c'est tout simplement... l'autre partie de l'île. Bref les deux états ont un destin lié. C'est d'ailleurs un peu plus de vingt mille haïtiens qui franchissent la frontière pour travailler dans les plantations de canne. Le tout avec la complicité des autorités des deux pays. En un peu moins d'une centaine de photos, Céline nous montre le quotidien misérable et poignant de toutes ces personnes. Des clichés sobres, empreints d'une grande humanité ; humanité que pour la plupart ces êtres ont perdu. Des êtres oubliés du monde comme le sont ceux du Darfour en Afrique, sans aucun doute encore bien plus. La photographe a choisi la couleur pour nous montrer ces peaux tannées, certaines ressemblent à du papier froissé ; ces visages aux yeux fatigués, des photos le plus souvent en gros plan ce qui accentue l'effet de proximité, l'émotion qui se dégage de ces images. Le tout accompagné d'une bonne documentation pour que l'on sache de quoi l''on parle exactement. Le lieu lui même est étonnant, inattendu. Il s'agit de l'ancienne usine Spring Court, dans le XIe arrondissement de la capitale. Fuligineuse et moi avons quitté la bruyante, la cosmopolite rue de Belleville un peu avant le métro Goncourt pour prendre le passage Piver, calme et nanti d'un sympathique square où des enfants jouaient et des familles papotaient (ce qui m'a permis au passage de prendre quelques photos que je publierai ici ou sur mon Fotolog) ; une impasse et l'ancienne usine apparait. Toute une architecture industrielle rénovée dans les tons gris dont on fait aujourd'hui des lofts dans la capitale. Endroit étrange, comme témoin d'une époque qui n'existe plus.
ph_005<--- Entrée du lieu de l'exposition.

Cette expo m'en a rappelé une autre que j'avais vue cette fois à la bibliothèque nationale de France, site de la rue de Richelieu ; elle présentait des clichés controversés d'un autre grand photographe, Salgado. Intitulée "penser le monde" le brésilien nous montrait une réalité de son pays, de ses habitants exilés un peu partout ; et plus largement un panorama de la souffrance humaine à travers le monde. Clichés pour la plupart en noir et blanc, qui m'avaient beaucoup impressionné. Controversés parce que l'on a reproché à Salgado de faire du spectacle avec la misère, la pauvreté et le désespoir. Faux procès bien évidemment. Sur ces problèmes que peut poser l'image -et Dieu sait si nous vivons dans une époque dominée outrageusement par elle- il n'est pas inutile de  (re) lire  un bouquin de Raymond Depardon, encore un immense photographe, publié en poche : "Notes, suivie de la solitude heureuse du voyageur". Certes on y trouve des photos, et pas des moindres. Mais surtout comme toujours chez cet infatiguable globe trotter à l'expérience immense (rappelons qu'il a crée l'agence Gamma) des réflexions sur la manière de photographier, des pensées sur le rôle du photographe et de son éthique. 
Bref, des images qui ne sont pas que des images : elles sont témoignage, elles sont facette d'une réalité que l'on oublie si on ne la voie pas. Des photos comme un texte, comme des ressentis. Une main à la peau flétrie par là, un visage exténué par ici avec dans les yeux toute une détresse que nul manuscrit ne pourrait rendre. Il reste encore des photographes pour nous expliquer le monde, pour nous le rendre plus proche. C'est une des raisons pour lesquelles je fais des photos et que j'aime ca.

(Je ne peux pas ne pas vous donner quelques sites, à commencer par celui de l'expo pour celles et ceux qui ne se trouvent pas dans la capitale : ICI - Un site sur Salgado avec un panorama de ses photos, un autre sur Depardon. Quelques photos de ce dernier dans un album, ici, à droite. Et puis, modestement, mes quelques photos sur un Fotolog)

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samedi 19 mai 2007

994.Luis.

bunuel_deneuveDétournons nous donc des pitreries actuelles, des mélanges douteux de la vie politique pour, puisque nous fêtons les 60 ans du Festival de Cannes, parler un peu de cinéma. Pas de cinéma actuel, il m'interesse assez peu à de rares exceptions près, mais d'un cinéma qui n'existe plus. Comme celui de Luis Bunuel par exemple. J'ai abordé ce réalisateur espagnol par un de ces films, c'était "Belle de jour" avec Catherine Deneuve, réalisé en 1966 l'année de ma naissance. Oeuvre percutante que cette histoire de femme qui se prostitue par plaisir, par jeu alors qu'elle a une bonne situation, mariée à un médecin réputé. Film dérangeant, subversif ; un de ces récits comme j'aime : bousculant les idées reçues, les conventions, les habitudes. J'ai ensuite vu tous ses longs métrages sauf un ("Un chien andalou", surréaliste, réalisé avec Dali en 1929), j'ai également lu ses souvenirs qui ont donné lieu à un bouquin formidable que j'ai découvert par hasard alors que je parcourais le "village du livre", village rural* perdu aux confins de la Meurthe et Moselle et des Vosges, entre Nancy et Epinal. "Mon dernier soupir" est le titre de ce livre. Bunuel dit qu'il n'est pas un homme d'écriture, alors il a parlé longuement avec Jean Claude Carrière, autre grand homme de cinéma et en l'occurence scénariste de certains des plus grands films français ou européens. Carrière a retranscrit les paroles de Luis d'une manière qui accroche tout de suite, qui fait qu'on  a cette envie de tourner la page suivante, d'aller plus avant. Quand on ferme l'ouvrage, on est frustré que cela ne continue pas ;  on est tenté de le relire. Bunuel y parle de son enfance, de sa vie d'homme mais il donne aussi ses opinions sur des tas d'autres sujets ; on est alors frappé par l'actualité de ses visions, de ses analyses aigues de l'existence humaine. Ce livre est plus qu'un livre de cinéma : on y chemine aussi à travers l'histoire puisque Luis décrit Paris d'une certaine époque, on y croise les surréalistes, des peintres, des écrivains ; toute une partie de la capitale qui n'existe plus. Je ne sais pas si le bouquin est en réedition, en tout cas il était édité par Robert Laffont. De toute façon il reste tous les films de Bunuel : "El", "Le charme discret de la bourgeoisie", "Cet obscur objet du désir", "Tristana"... et tant d'autres encore.

(Photo : Deneuve et Bunuel pendant le tournage de "Belle de jour") Site sur LUIS BUNUEL.

* Pour les curieux, le village en question est Fontenoy la Joute, lieu étonnant où chaque grange ou étable est transformé en librairie où l'on peut trouver  tous les livres possibles et imaginables, y compris des raretés... rares (si je puis dire). Si vous passez dans le coin, ne manquez pas de vous y arrêter.  Allez donc visiter le SITE  pour vous faire une petite idée....

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jeudi 17 mai 2007

991.La banlieue.

Il se trouve que j'ai la chance (mais à quel prix !) d'habiter à Paris, entre Belleville et Ménilmontant. Mais il n'y a pas que la capitale, il y a aussi la banlieue, même si écrit comme ca cela paraît une évidence... J'ai l'occasion ces derniers temps d'aller dans cette fameuse "banlieue", j'ai décidé d'en rapporter des clichés, des instantanés. Photographies d'un ressenti, d'un moment ; impressions de mes yeux. J'ai publié déjà sur mon Fotolog (en lien à gauche) quelques images, j'en publierai ici aussi de temps à autre, comme celle ci, prise dans la gare routière devant la gare RER de Sevran-Beaudottes, en Seine Saint Denis, à quelques encablures d'Aulnay sous Bois.
Images_de_la_banlieue__Cabine_t_l_phonique_gare_RER_de_Sevran_Beaudottes__Mai_2007_

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mercredi 16 mai 2007

990.Le travail c'est la santé.

Le 28 avril, c'était la journée internationale des conditions du travail, organisée par le Bureau International du Travail et l'Organisation mondiale de la santé ; avouons que celle ci est passée quelque peu inapercue... Cela dit, voici quelques lignes sur la question, parues dans l'hebdomadaire "Marianne".

« Le travail c’est la   santé », indique une célèbre chanson. Mais en attendant,   chaque année, 200 000 personnes décèdent des suites de cancers   contractés dans le cadre de leur travail. L’inhalation ou le   contact avec des agents toxiques en sont les principales causes. En   tête du palmarès mondial se trouve le cancer du poumon et la   plèvre (mésothéliome) chez les personnes qui se sont trouvées à   proximité de fibres d’amiante. Mais pas seulement… L’exposition   prolongée à des agents cancérigènes tels que l’arsenic, la   poussière, le benzène, les pesticides, la sciure de bois représente   un risque pour la santé. Ces matières provoquent des leucémies et   des dommages dans la vessie, le foie et les sinus.

 

En France, entre 1,4 et 2,6 millions de   salariés seraient exposés sans le savoir à des cancérogènes   d’origine industrielle qu’ils soient chimiques ou biologiques. Le   cancer dit « professionnel » est tabou, souvent attribué   au tabagisme et à l’alcoolisme.photo_2_018

 

Près de 20% des patients touchés par cette   maladie déclarent appartenir à la catégorie ouvrière ; les   secteurs de la sidérurgie et de la métallurgie, l’industrie   chimique et pharmaceutique sont aussi en première ligne.

 

Le Dr Lehucher-Michel, membre du Comité   régional des maladies professionnelles (PACA) reste prudente,   « il est très difficile de savoir si l’augmentation du   nombre de cancers est liée à une augmentation du dépistage.   Aujourd’hui le cancer dû à l’amiante est le plus reconnu. Quant à   l’arsenic présent dans les chantiers navals, il est aujourd’hui   quasi inexistant et les cas de leucémies sont très   faibles».

 

Selon l’OMS, des millions de travailleurs   pourraient être touchés dans les décennies à venir. Un constat   accablant mais réversible si les entreprises misent davantage sur   la prévention. En France, celle-ci passe d’abord par l’information   des salariés à travers la médecine du travail chargé de dépister   les maladies professionnelles. Le Dr Lehucher-Michel ajoute que   « les cancers professionnels sont bien dépistés et les gens   de plus en plus sensibilisés. Nous formons des médecins   généralistes pour prévenir ce type de maladies ».

 

De nombreux progrès restent à accomplir à   l’échelle internationale. D’après le Bureau international du   travail (BIT), environ 160 millions de personnes dans le monde   souffrent de maladies liées à leur environnement professionnel.

Et travaillons plus pour gagner plus !

(Photo personnelle : la République, sur sa place, à Paris)

                        

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