mardi 29 mai 2007
1005.Je me livre....
Sur
les blogs circulent des jeux, des machins, des bidules voire des trucs
plus ou moins intéressants que l'on se passe de liens en liens ; j'en
vois défiler certains que je balaie d'un revers de clavier : je ne suis
pas fan de ce genre d'exercice. Mais Fuligineuse vient de me lancer un
défi qui, parait il, est de Procuste : une série de questions sur les
bouquins. Bouquins.. livres....voilà des mots ma foi qui sonnent bien à
mon oreille, comme celui de Procuste d'ailleurs, et rien que pour sa
sonorité je sors de mon aversion naturelle pour ces petits jeux....
Les 4 livres de mon enfance : Voyage au centre de la terre - Tintin (!) - Le club des cinq (vous vous rappelez, dans la bibliothèque verte...) - et je ne m'en rappelle que de trois..
Entre l'enfance et l'adolescence : Notre Dame de Paris - Verlaine et Rimbaud - Chateaubriand (en particulier "Mémoires d'outre tombe") - Don Quichotte.
4 écrivains que je lirai et relirai encore : Flaubert - Régis Jauffret - Michel Leiris - André Brink.
Les 4 premiers de ma liste à lire (entre autres) : Jazz et vin de palme, de Emmanuel Dongala - Histoire de la folie à l'âge classique, de Michel Foucault - Biffures, de Michel Leiris - Microfictions, de Régis Jauffret.
4 livres que je suis en train de lire : L'Age d'homme, de Leiris - Le labyrinthe du pèlerin, de Cees Noteboom - La peur, de Gabriel Chevalier - La mauvaise vie, de Fréderic Mitterand (en fait, celui ci je le relis).
3 livres que j'emporte sur une ile déserte : L'age d'homme, de Leiris - Tous les écrits de Rabelais - Toute l'oeuvre de Saint Exupéry.
Deux questions auxquelles je ne peux répondre : les dernières lignes de mon livre préféré, parce que je ne sais que choisir ; et les 4 auteurs fétiches que je ne relirai jamais, parce que qui peut dire jamais ?... Ce qu'il y a d'emmerdant dans ce genre de questionnements, c'est qu'ils sont terriblement réducteurs, surtout en ce qui concerne les livres, car franchement mon amour des bouquins est tellement plus large, plus curieux, plus éclectique....
Il faut passer la main semble t-il à sept de mes camarades : Hadrienne, Tempérance, Alain X, Angeline, Phillipe(s), Kitab et Coumarine.
lundi 28 mai 2007
1004.Ensemble.
Et quand nos regrets viendront danser
autour de nous nous rendre fous
Seras-tu là ?
Pour nos souvenirs et nos amours
Inoubliables inconsolables
Seras-tu là ?
Pourras-tu suivre là ou je vais ?
Sauras-tu vivre le plus mauvais ?
La solitude le temps qui passe
Et l'habitude regardes-les
Nos ennemis dis-moi que oui
Dis-moi que oui
Quand nos secrets n'auront plus cours
Et quand les jours auront passé
Seras-tu là?
Pour, pour nos soupirs sur le passé
Que l'on voulait que l'on rêvait
Seras-tu là?
Le plus mauvais
La solitude le temps qui passe
Et l'habitude regardes-les
Nos ennemis dis-moi que oui
Dis-moi que oui?
Là ?
Seras-tu là ?
Michel Berger est né en 1947, mort en 1992.
dimanche 27 mai 2007
1003.Darfour, terre de douleurs.
Il y a quelques années, le photographe Raymond Depardon avait sorti un livre, doublé d'un film, qui s'intitulait "Afrique, comment ca va avec la douleur ?"
Il est vrai que le continent est terre de souffrances. Comme il
est tout aussi vrai qu'elle est terre de créations, de vie, de soleil
et de vitalités intellectuelles.Mais autant certains conflits que je ne
citerai pas tant tout le monde les connait sont ultra médiatisés,
d'autres au contraire sont totalement oubliés. Qui sait exactement où
se situe le Darfour
? Qui sait précisément les forces
en présence ? Qui connait les tenants et les aboutissants de tout ca
? J'avais écrit ici même que je parlerai de cette région du monde,
l'occasion m'en est donnée ; je la saisis. Le logiciel Earth de Google
vient d'avoir l'excellente
initiative d'ajouter à ses cartes une documentation fournie sur le Darfour
et sur le véritable drame qui s'y joue.La capture d'écran ci contre en
est extraite. Tout cela se passe loin, très loin de nous et
surtout des caméras des médias de la planète. Parce que quelque part
tout le monde s'en fout, tout simplement. On en a parlé très tard
(rappellons quand même que tout a commencé en 2003...), de façon
sporadique à la manière d'un feuilleton dont on aurait raté pas mal
d'épisodes, sans aller au fond des choses. Nous mêmes ne sommes pas
exempts : contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, on vit
dans une époque d'individualisme forcené, on nous encourage à nous
centrer sur notre petite personne. Quelques ONG sont sur place,
quelques journalistes ou photographes aussi. Certains
gouvernements lancent une phrase par ci par là. L'union européenne ou
les Etats Unis emettent parfois une opinion. Mais force est de
constater que rien ne se passe. Je n'ai pas une passion pour Bernard
Henri Levy ou Bernard Kouchner, ceci dit je les ai toujours appréciés
pour leurs capacités à s'engager vraiment, à aller au charbon ; à payer
de leur personne s'il le faut. Ainsi Levy est allé là bas et pas pour
faire de la figuration, il a essayé de mobiliser pendant la campagne
électorale ; les candidats avaient répondu favorablement. On va
voir ce que va faire Kouchner. Débutons par le début : le Darfour,
c'est où ? Région de l'ouest du Soudan aux confins du Tchad, elle
s'étend sur environ 510 000 km carré ; majoritairement peuplée de
musulmans sauf au sud où l'on trouve des animistes. Rappelons
brièvement que l'animisme est une croyance qui explique le monde par
des âmes ou des esprits analogues à la volonté humaine, on la trouve en
Afrique bien sur mais aussi en Amérique du sud ou en Océanie. Le
Darfour par sa configuration ne peut supporter une grande densité de
population.
Historiquement,
pour résumer, le Darfour a d'abord été une
série de royaumes. L'islam semble avoir été introduit au XIVe siècle
par les Tondjour, dont le roi aurait été Ahmed El-Makour. C'est en 1821
que l'Egypte décida de s'approprier le Soudan et donc d'occuper le
Darfour. Nos amis anglais débarquent, les Egyptiens ne peuvent faire
autrement que de gouverner avec eux, ce gouvernement bicéphale
reconnaît alors un certain Ali Dinar comme sultan du Darfour. Lequel
s'allie en 1916 avec l'empire ottoman pour déclarer la guerre à la
Grande Bretagne.... Celle ci mate la rebellion et incorpore la région
au Soudan qui était alors devenu anglais. Lequel Soudan devient
indépendant en 1956. Voilà pour les bases historiques et
géographiques.Il est toujours très difficile de savoir pourquoi on
déclenche une guerre. Ici il s'agit en plus clairement d'une guerre
civile. Guerre politique bien sur, mais surtout conflit pour des
ressources : l'eau en premier lieu. Faut il rappeler que la région est
en proie à une terrible sécheresse depuis 1970 avec son corollaire, la
famine ? Par ailleurs la découverte de pétrole attire aussi
beaucoup de convoitises. Piqure de rappel également : le Soudan lui
même sortait d'un guerre civile d'une vingtaine d'années (2 millions de
morts) au moment où celle du Darfour débutait. La région ne peut pas
accueillir beaucoup de population, or celle ci a doublé en vingt ans.
Beaucoup d'ethnies à la répartition imbriquée, peu d'espace : les
tensions se nouent. Trois tribus principales vivent ici : les Four -qui
ont donné leur nom à la région-, les Masalit et les Zaghawa. Hiver 2003
: l'opposition s'en prend au président soudanais Omar El Bechir ; celui
ci en représailles laisse agir les milices arabes, les
Djandjaouids.
Par ailleurs, l'armée soudanaise bombarde le Darfour. La population
commence à subir les pillages et les viols de bandes armées soutenues
par Khartoum, la capitale du Soudan. Le conflit oppose donc les tribus
que l'on va qualifier "d'arabes", nomades et chamelières et les tribus
"noires-africaines", plus sédentaires et aux traditions
pastorales, surtout non-arabophones. Ce qui est surprenant, c'est
qu'ils ont en commun la religion : l'islam.Sans parler, inévitable dans
ce genre de situation, des sous main : tout le monde sait par exemple
que la Chine si courtisée économiquement soutient le régime de Khartoum
dans sa politique de mort. Reste que le résultat de tout ceci est une
catastrophe : viols, esclavage, pillage, boucheries inhumaines,
déplacement de population, famine, desespoir, détresse, mortalité
effrayante. N'oublions pas tous ces gens : parlons en, encore et
encore.
Quelques pistes pour s'informer : Urgence Darfour - SLD/Sauvons le Darfour - Ministère des Affaires étrangères -
jeudi 24 mai 2007
1000.J'ai vu le temps qui passait...
Voilà
mille billets écrits ici, voici mille fois que je remets le métier sur
l'ouvrage à moins que ce ne soit l'inverse. De l'eau est passée sous
les ponts de ma vie depuis que j'ai ouvert ce blog en décembre de l'an
de grâce 2004. Ouvert par hasard. J'ai écris ici sans cesse, j'ai voulu
arrêter cent fois, j'ai passé des nuits blanches, des journées noires,
des heures où l'on tourne en rond, où l'on ne sait plus rien, y compris
comment on fait pour vivre. Des chagrins, des joies, des interrogations
; toutes ces questions qui s'ajoutent aux autres, mes regards qui se
perdent dans des vides que je ne soupçonnais même pas. Toujours vivant,
toujours debout. Des tempêtes m'ont fait plier, des vents m'ont mis à
terre, de l'eau s'est engouffrée dans mon corps tel ce sable que le
courant emporte en s'insinuant sous les portes. Mes mots vous ont
choqué, d'autres vous ont agacé ; certains vous ont réchauffés,
certains vous ont confortés ; tout comme les vôtres dans les
commentaires ont fait battre mon coeur. Je ne sais pas si une nouvelle
existence s'ouvre à moi, je ne sais rien de ce que sera demain. Ce que
je sais c'est que je ferai tout pour réaliser ce qui coule dans mes
veines, tous ces désirs, ces rêves, ces projets ; ce que je sais c'est
que je me battrai encore et encore, pour moi et pour des tas d'autres.
Bien évidemment les soirs de fatigue m'emporteront encore, les
silences me retrancheront encore du monde et la solitude me couvrira de
sa cape certaines nuits de doutes et de tristesses.
Mais je serai là.
Ici et maintenant.
(On me demandait l'autre jour si j'avais prévu quelque chose de spécial pour le millième billet. Et bien non. Juste un petit aperçu de moi, enfin surtout de la chemise que je portais le jour de ce cliché....car j'ai toujours eu comme règle entre autres de ne jamais me montrer sur mon blog. Cliché un peu trafiqué pour que les pistes soient encore un peu plus brouillées....)
mardi 22 mai 2007
998.Encore.
La vague bleue déferle. Nicolas Sarkozy imprime un train d'enfer, se
pose en sauveur de la Nation et joue plus finement qu'il n'a jamais
joué. Il est très fort. Il manie l'image avec dextérité. Tout comme les
symboles : on ouvre avec Kouchner, on fait parler les ministres
positivement, on oublie qu'il y a des législatives ; on oublie tout
finalement. Il y a des moments où ce que l'on dit est inaudible : et
c'est ce qui se passe actuellement. Les socialistes peuvent dire ce
qu'ils veulent ils ne seront pas entendus. Quiconque objectera quelque
chose dans cette période n'aura presque pas d'oreilles attentives. On
va appeler ceci l'état de grâce, ce que Villepin avait qualifié de cent
jours. Patience. Le temps des cerises reviendra, même si en ce
moment nous sommes dans le temps des noyaux disait un journaliste. Je
ne suis pas spécialement socialiste. Je ne suis pas communiste. Ce qui
me frappe à chaque fois que la droite est au pouvoir c'est cette
collusion avec les milieux financiers et médiatiques qui se met
immédiatement en place, instantanément. Il me semble plus que jamais
nécessaire de s'aérer l'esprit, de sortir des sentiers battus ; plus
que jamais aiguiser son esprit critique. Monter sur les tables comme le
faisait Keating, vous vous souvenez du prof du "Cercle des
poètes disparus", pour voir ce qui se passe sous d'autres angles.
Courage.
Les roues tournent.
(Photographie personnelle de pages du journal Libération, édition du 19/20 mai)
Voici ce que l'on pouvait voir affiché sur la devanture d'un boulanger, ici, en France. Image publiée sur le blog d'Alain X, en lien ici à gauche. Cliquez sur l'image pour bien lire ce texte. Et ca ne fait que commencer...
lundi 21 mai 2007
997.Une France coupée en deux.
Rappelez vous : il y a eu la France d'en bas et celle d'en haut avec le sémillant Raffarin. Recemment c'est Sarkozy, qui n'était alors que candidat, parlant de la France qui se lève tôt et celle qui est assistée. Maintenant notre nouveau chef de l'Etat nous propose la France qui court et celle qui ne court pas. Depuis quelques jours en effet, où qu'il se trouve, nous le voyons faire du jogging, entraînant même son joyeux luron de premier ministre. On avait aussi la France qui fume et celle que l'on empêche de fumer, celle que l'on veut faire maigrir à tout prix avant l'été et celle qui mange comme d'habitude... ceux qui ont voté Royal et ceux qui ont voté Sarko. Que nous réserve l'avenir ? La France qui travaille plus pour gagner plus et ceux qu'on flique parce qu'ils glandent pour gagner autant ? La France boursière qui spécule sur le dos de ces mêmes personnes qui bossent plus pour gagner guère mieux et les autres qui vivent grâce à de coquettes allocations de toutes sortes ? Une France qui peut se soigner et une autre qui garde ses caries, ses grippes, sa mauvaise vue , ses fins de mois -à partir du 10- plus que difficiles, insupportables ?
Allez : tous en short, baskets, tee-shirt ; le tout en Nike évidemment et hop, au bois de Boulogne (le parc des Buttes Chaumont est trop populo), tout redeviendra possible....
dimanche 20 mai 2007
996."Des esclaves au paradis".
Sur
une courte période, du 15 mai au 15 juin, se tient à Paris une
exposition de photographies de Céline Anaya Gautier sur le thème de
l'esclavage contemporain en République Dominicaine. La
photographe présente ici son travail qui lui a valu d'être
finaliste du prix Care et du prix Enquête du festival Scoop de la ville
d'Angers. Déjà quelques références dans le métier. L'expo dénonce le
trafic d'êtres humains et le maintien en esclavage des coupeurs de
canne à sucre d'origine haïtienne dans les plantations de la République
Dominicaine, petit pays situé sur une île en Amérique centrale
dans les caraïbes, entre Cuba et Porto Rico. Des noms qui font rêver
mais l'envers du décor est plus que sinistre. Quand à Haïti c'est tout
simplement... l'autre partie de l'île. Bref les deux états ont un
destin lié. C'est d'ailleurs un peu plus de vingt mille haïtiens qui
franchissent la frontière pour travailler dans les plantations de
canne. Le tout avec la complicité des autorités des deux pays. En un
peu moins d'une centaine de photos, Céline nous montre le quotidien
misérable et poignant de toutes ces personnes. Des clichés sobres,
empreints d'une grande humanité ; humanité que pour la plupart ces
êtres ont perdu. Des êtres oubliés du monde comme le sont ceux du
Darfour en Afrique, sans aucun doute encore bien plus. La photographe a
choisi la couleur pour nous montrer ces peaux tannées, certaines
ressemblent à du papier froissé ; ces visages aux yeux fatigués, des
photos le plus souvent en gros plan ce qui accentue l'effet de
proximité, l'émotion qui se dégage de ces images. Le tout accompagné
d'une bonne documentation pour que l'on sache de quoi l''on parle
exactement. Le lieu lui même est étonnant, inattendu. Il s'agit de
l'ancienne usine Spring Court, dans le XIe arrondissement de la
capitale. Fuligineuse et moi avons quitté la bruyante, la cosmopolite
rue de Belleville un peu avant le métro Goncourt pour prendre le
passage Piver, calme et nanti d'un sympathique square où des enfants
jouaient et des familles papotaient (ce qui m'a permis au passage de
prendre quelques photos que je publierai ici ou sur mon Fotolog) ; une
impasse et l'ancienne usine apparait. Toute une architecture
industrielle rénovée dans les tons gris dont on fait aujourd'hui des
lofts dans la capitale. Endroit étrange, comme témoin d'une époque qui
n'existe plus.
<--- Entrée du lieu de l'exposition.
Cette
expo m'en a rappelé une autre que j'avais vue cette fois à la
bibliothèque nationale de France, site de la rue de Richelieu ; elle
présentait des clichés controversés d'un autre grand photographe,
Salgado. Intitulée "penser le monde" le brésilien nous montrait une
réalité de son pays, de ses habitants exilés un peu partout ; et plus
largement un panorama de la souffrance humaine à travers le monde.
Clichés pour la plupart en noir et blanc, qui m'avaient beaucoup
impressionné. Controversés parce que l'on a reproché à Salgado de faire
du spectacle avec la misère, la pauvreté et le désespoir. Faux procès
bien évidemment. Sur ces problèmes que peut poser l'image -et Dieu sait
si nous vivons dans une époque dominée outrageusement par elle- il
n'est pas inutile de (re) lire un bouquin de Raymond
Depardon, encore un immense photographe, publié en poche : "Notes,
suivie de la solitude heureuse du voyageur". Certes on y trouve des
photos, et pas des moindres. Mais surtout comme toujours chez cet
infatiguable globe trotter à l'expérience immense (rappelons qu'il a
crée l'agence Gamma) des réflexions sur la manière de photographier,
des pensées sur le rôle du photographe et de son éthique.
Bref,
des images qui ne sont pas que des images : elles sont témoignage,
elles sont facette d'une réalité que l'on oublie si on ne la voie pas.
Des photos comme un texte, comme des ressentis. Une main à la peau
flétrie par là, un visage exténué par ici avec dans les yeux toute une
détresse que nul manuscrit ne pourrait rendre. Il reste encore des
photographes pour nous expliquer le monde, pour nous le rendre plus
proche. C'est une des raisons pour lesquelles je fais des photos et que
j'aime ca.
(Je ne peux pas ne pas
vous donner quelques sites, à commencer par celui de l'expo pour celles
et ceux qui ne se trouvent pas dans la capitale : ICI - Un site sur Salgado avec un panorama de ses photos, un autre sur Depardon. Quelques photos de ce dernier dans un album, ici, à droite. Et puis, modestement, mes quelques photos sur un Fotolog)
samedi 19 mai 2007
994.Luis.
Détournons
nous donc des pitreries actuelles, des mélanges douteux de la vie
politique pour, puisque nous fêtons les 60 ans du Festival de Cannes,
parler un peu de cinéma. Pas de cinéma actuel, il m'interesse assez peu
à de rares exceptions près, mais d'un cinéma qui n'existe plus. Comme
celui de Luis Bunuel par exemple. J'ai abordé ce
réalisateur espagnol par un de ces films, c'était "Belle de jour" avec
Catherine Deneuve, réalisé en 1966 l'année de ma naissance. Oeuvre
percutante que cette histoire de femme qui se prostitue par plaisir,
par jeu alors qu'elle a une bonne situation, mariée à un médecin
réputé. Film dérangeant, subversif ; un de ces récits comme j'aime :
bousculant les idées reçues, les conventions, les habitudes. J'ai
ensuite vu tous ses longs métrages sauf un ("Un chien andalou",
surréaliste, réalisé avec Dali en 1929), j'ai également lu ses
souvenirs qui ont donné lieu à un bouquin formidable que j'ai découvert
par hasard alors que je parcourais le "village du livre", village rural*
perdu aux confins de la Meurthe et Moselle et des Vosges, entre Nancy
et Epinal. "Mon dernier soupir" est le titre de ce livre. Bunuel dit
qu'il n'est pas un homme d'écriture, alors il a parlé longuement avec
Jean Claude Carrière, autre grand homme de cinéma et en l'occurence
scénariste de certains des plus grands films français ou européens.
Carrière a retranscrit les paroles de Luis d'une manière qui accroche
tout de suite, qui fait qu'on a cette envie de tourner la page
suivante, d'aller plus avant. Quand on ferme l'ouvrage, on est frustré
que cela ne continue pas ; on est tenté de le relire. Bunuel y
parle de son enfance, de sa vie d'homme mais il donne aussi ses
opinions sur des tas d'autres sujets ; on est alors frappé par
l'actualité de ses visions, de ses analyses aigues de l'existence
humaine. Ce livre est plus qu'un livre de cinéma : on y chemine aussi à
travers l'histoire puisque Luis décrit Paris d'une certaine époque, on
y croise les surréalistes, des peintres, des écrivains ; toute une
partie de la capitale qui n'existe plus. Je ne sais pas si le bouquin
est en réedition, en tout cas il était édité par Robert Laffont. De
toute façon il reste tous les films de Bunuel : "El", "Le charme
discret de la bourgeoisie", "Cet obscur objet du désir", "Tristana"...
et tant d'autres encore.
(Photo : Deneuve et Bunuel pendant le tournage de "Belle de jour") Site sur LUIS BUNUEL.
* Pour les curieux, le village en question est Fontenoy la Joute, lieu étonnant où chaque grange ou étable est transformé en librairie où l'on peut trouver tous les livres possibles et imaginables, y compris des raretés... rares (si je puis dire). Si vous passez dans le coin, ne manquez pas de vous y arrêter. Allez donc visiter le SITE pour vous faire une petite idée....
jeudi 17 mai 2007
991.La banlieue.
Il se trouve que j'ai la chance (mais à quel prix !) d'habiter à Paris, entre Belleville et Ménilmontant. Mais il n'y a pas que la capitale, il y a aussi la banlieue, même si écrit comme ca cela paraît une évidence... J'ai l'occasion ces derniers temps d'aller dans cette fameuse "banlieue", j'ai décidé d'en rapporter des clichés, des instantanés. Photographies d'un ressenti, d'un moment ; impressions de mes yeux. J'ai publié déjà sur mon Fotolog (en lien à gauche) quelques images, j'en publierai ici aussi de temps à autre, comme celle ci, prise dans la gare routière devant la gare RER de Sevran-Beaudottes, en Seine Saint Denis, à quelques encablures d'Aulnay sous Bois.
mercredi 16 mai 2007
990.Le travail c'est la santé.
Le 28 avril, c'était la journée internationale des conditions du travail, organisée par le Bureau International du Travail et l'Organisation mondiale de la santé ; avouons que celle ci est passée quelque peu inapercue... Cela dit, voici quelques lignes sur la question, parues dans l'hebdomadaire "Marianne".
« Le travail c’est la santé », indique une célèbre chanson. Mais en attendant, chaque année, 200 000 personnes décèdent des suites de cancers contractés dans le cadre de leur travail. L’inhalation ou le contact avec des agents toxiques en sont les principales causes. En tête du palmarès mondial se trouve le cancer du poumon et la plèvre (mésothéliome) chez les personnes qui se sont trouvées à proximité de fibres d’amiante. Mais pas seulement… L’exposition prolongée à des agents cancérigènes tels que l’arsenic, la poussière, le benzène, les pesticides, la sciure de bois représente un risque pour la santé. Ces matières provoquent des leucémies et des dommages dans la vessie, le foie et les sinus.
En France, entre 1,4 et 2,6 millions de
salariés seraient exposés sans le savoir à des cancérogènes
d’origine industrielle qu’ils soient chimiques ou biologiques. Le
cancer dit « professionnel » est tabou, souvent attribué
au tabagisme et à l’alcoolisme.
Près de 20% des patients touchés par cette maladie déclarent appartenir à la catégorie ouvrière ; les secteurs de la sidérurgie et de la métallurgie, l’industrie chimique et pharmaceutique sont aussi en première ligne.
Le Dr Lehucher-Michel, membre du Comité régional des maladies professionnelles (PACA) reste prudente, « il est très difficile de savoir si l’augmentation du nombre de cancers est liée à une augmentation du dépistage. Aujourd’hui le cancer dû à l’amiante est le plus reconnu. Quant à l’arsenic présent dans les chantiers navals, il est aujourd’hui quasi inexistant et les cas de leucémies sont très faibles».
Selon l’OMS, des millions de travailleurs pourraient être touchés dans les décennies à venir. Un constat accablant mais réversible si les entreprises misent davantage sur la prévention. En France, celle-ci passe d’abord par l’information des salariés à travers la médecine du travail chargé de dépister les maladies professionnelles. Le Dr Lehucher-Michel ajoute que « les cancers professionnels sont bien dépistés et les gens de plus en plus sensibilisés. Nous formons des médecins généralistes pour prévenir ce type de maladies ».
De nombreux progrès restent à accomplir à l’échelle internationale. D’après le Bureau international du travail (BIT), environ 160 millions de personnes dans le monde souffrent de maladies liées à leur environnement professionnel.
Et travaillons plus pour gagner plus !
(Photo personnelle : la République, sur sa place, à Paris)








