Chemins de Poussières

Ne remarquez vous pas que l'on supporte l'insupportable et que l'on accepte l'inacceptable ?

mercredi 13 juin 2007

1014.Je pleure un amour.

508558Je pleure un amour, peut être perdu à jamais. Je pleure et mes larmes sont autant d'éclats de mon coeur qui coulent sur mes joues. Je pleure un passé dont je ne me rendais pas compte quand il était présent. C'est toujours ainsi, ma mère me disait souvent "on sait ce que l'on quitte, on ne sait pas ce que l'on trouve". Je pleure et rien n'arrête ce flot salé. Pleurer, c'est attendre. Attendre un coup de téléphone qui ne vient pas, qui vient trop tard. S'il vient. Ce sont les heures qui semblent des semaines, celles là même qui durent des années. Les soirs qui n'en finissent plus, la nuit qui ne tombe plus. Pleurer c'est ne pas parler. Parce qu'il arrive un moment où aucun vocabulaire ne correspond aux douleurs. Où faire une phrase devient une souffrance. Un silence peuplé de bruits étranges, de lumières vives, d'images venues d'on ne sait pas où, des images que l'on ne croyait plus présentes ici et maintenant.  Je pleure moi même, dans chaque goutte je me maudis. Jamais je n'ai senti autant la faute, jamais je ne m'en suis autant voulu. Tout mon intérieur n'est qu'un ciel de temps maussade, un de ces cieux plombés qui m'ont toujours fait peur, avec leurs grosses gouttes qui éclatent sur le sol. Fatigue. Lassitude. Guerres dont on ne veut plus. Se noyer dans les peut être. Le coeur à l'abandon, le sang qui coule dans toutes les directions, parce qu'il faut qu'il coule. Je pleure le quotidien. Le repas que l'on prépare, le corps que l'on voit sortir de la douche, le ronflement qu'on ne supportait pas la nuit, la chaleur de son corps, une douceur de sa peau ; je pleure une façon de vivre, des endroits de Paris que je ne peux plus voir fut ce en peinture, un regard dans le vide que j'aime tant, je pleure une infinie tristesse. Pleurer c'est ne plus pouvoir écrire, lire. C'est regarder où l'on ne peut plus rien voir, où l'on existe plus. Ce soir, il y a trois épisodes de FBI portés disparus.

Je pleure un amour peut être perdu.

Posté par Olivier O à 13:00 - LarMes sècHes - Permalien [#]