Chemins de Poussières

Ne remarquez vous pas que l'on supporte l'insupportable et que l'on accepte l'inacceptable ?

vendredi 15 juin 2007

1015.N'avoir envie de rien.

stmenouxprieVide. Je me sens vide. Un trop plein de choses qui n'arrivent pas. Ma patience s'est perdue dans les fleuves de mes tristesses.  Ma vie n'est même plus au ralenti, elle semble s'être arrêtée au pied de ma lassitude. Je sais que je ne suis pas très marrant à lire en ce moment.

Mais je ne vais pas sourire jusqu'aux oreilles alors que mon coeur est sous l'eau. J'ai toujours été honnête avec vous. Hier, comme aujourd'hui.

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vendredi 8 juin 2007

1009.Attendre.

Y a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout

Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout

Evidemment
Evidemment
On danse encore
Sur les accords
Qu'on aimait tant

frogEvidemment
Evidemment
On rit encore
Pour les bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant

Et ces batailles dont on se fout
C'est comme une fatigue, un dégoût
A quoi ça sert de courir partout
On garde cette blessure en nous
Comme une éclaboussure de boue
Qui n'change rien, qui change tout

Evidemment
Evidemment
On rit encore
Pour les bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Pas comme avant

(Michel Berger. La photo vient d'ici)

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lundi 28 mai 2007

1004.Ensemble.

Et quand nos regrets viendront danser
autour de nous nous rendre fous
Seras-tu là ?

Pour nos souvenirs et nos amours
Inoubliables inconsolables
Seras-tu là ?

Pourras-tu suivre là ou je vais ?
Sauras-tu vivre le plus mauvais ?
michel_berger_03La solitude le temps qui passe
Et l'habitude regardes-les
Nos ennemis dis-moi que oui
Dis-moi que oui

Quand nos secrets n'auront plus cours
Et quand les jours auront passé
Seras-tu là?

Pour, pour nos soupirs sur le passé
Que l'on voulait que l'on rêvait
Seras-tu là?
Le plus mauvais
La solitude le temps qui passe
Et l'habitude regardes-les
Nos ennemis dis-moi que oui
Dis-moi que oui?
Là ?
Seras-tu là ?


Michel Berger est né en 1947, mort en 1992.

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mardi 22 mai 2007

998.Encore.

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La vague bleue déferle. Nicolas Sarkozy imprime un train d'enfer, se pose en sauveur de la Nation et joue plus finement qu'il n'a jamais joué. Il est très fort. Il manie l'image avec dextérité. Tout comme les symboles : on ouvre avec Kouchner, on fait parler les ministres positivement, on oublie qu'il y a des législatives ; on oublie tout finalement. Il y a des moments où ce que l'on dit est inaudible : et c'est ce qui se passe actuellement. Les socialistes peuvent dire ce qu'ils veulent ils ne seront pas entendus. Quiconque objectera quelque chose dans cette période n'aura presque pas d'oreilles attentives. On va appeler ceci l'état de grâce, ce que Villepin avait qualifié de cent jours. Patience. Le temps des cerises reviendra, même si  en ce moment nous sommes dans le temps des noyaux disait un journaliste. Je ne suis pas spécialement socialiste. Je ne suis pas communiste. Ce qui me frappe à chaque fois que la droite est au pouvoir c'est cette collusion avec les milieux financiers et médiatiques qui se met immédiatement en place, instantanément. Il me semble plus que jamais nécessaire de s'aérer l'esprit, de sortir des sentiers battus ; plus que jamais aiguiser son esprit critique. Monter sur les tables comme le faisait  Keating, vous vous souvenez du prof  du "Cercle des poètes disparus", pour voir ce qui se passe sous d'autres angles.
Courage.
Les roues tournent.

(Photographie personnelle de pages du journal Libération, édition du 19/20 mai)

Voici ce que l'on pouvait voir affiché sur la devanture d'un boulanger, ici, en France. Image publiée sur le blog d'Alain X, en lien ici à gauche. Cliquez sur l'image pour bien lire ce texte. Et ca ne fait que commencer...
lafrancesarkozyenneol3oj7

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vendredi 13 avril 2007

966.Les beaux jours.

L'hiver n'a pas tiré beaucoup de salves cette année. Quelques jours à peine d'une glace effarouchée, des jours d'une pluie timide, presque pas de flocons ; un vent absent. Et puis un avril où l'on dit qu'il ne faut pas se découvrir d'un fil. Un soleil qui brille, des températures qui grimpent et le ciel qui se dégage. Lunettes fumées, bermudas et autres shorts ; j'ai même déjà vu des tongs. Les filles remettent leurs jupes. Ce sont les beaux jours entend on. Tout le monde semble s'en réjouir. Ce n'est pas forcément mon cas. Au moment de l'alerte climatique, des avertissements qu'on lance sur le réchauffement de la planète, les sourires béats des présentateurs des bulletins météo (qui n'a d'égal que les airs réjouis des experts économiques qui nous donnent à toute heure du jour et de la nuit les fluctuations des bourses mondiales) sont caractéristiques de cette bien pensance et de ce "météorologiquement" correct, et plus généralement de la pensée unique, du consensus mou.
Mais je sais que je pense à contre courant : bah ! ca ne fait rien, je passerai entre les gouttes.

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jeudi 27 juillet 2006

Il me manque

Brel"Ce qui compte, c'est l'intensité d'une vie ; pas sa durée."

(Jacques Brel)

-photo provenant de la Fondation Brel, Bruxelles-

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mercredi 19 juillet 2006

Rétro-perspective

Et je me rappelle quand j'étais cet enfant courant dans la campagne du midi de la France. Je me regarde dans ce passé en pointillés, voilé par endroits ; je me revois solitaire. Mon père était alors militaire, souvent muté. Ni mon frère ni aucune de mes deux soeurs ne sont nés au même endroit et ma propre naissance doit tout au hasard, ou presque.  Ce temps me semble si lointain, si proche à la fois ; si étrange. Nous vivions à la campagne, dans un espèce de hameau éloigné de tout car mon père travaillait pour ces messieurs de l'armée, ce qu'il faisait nécessitait plus ou moins le secret. J'étais solitaire, c'est là que j'ai appris la solitude. J'ai appris à l'aimer tout comme j'aimais voir la lumière du soleil à travers les feuillages des arbres lorsque je regardai les lapins jouer dans les prés. Ils se mettaient parfois, au son d'un bruit suspect,  sur leur pattes arrières en remuant leurs grandes oreilles ; puis se replongeait la tête dans l'herbe verte et fraîche. Et moi je replongeai dans mes rêves. SoirC'est aussi ici que j'ai eu l'amour de Paris, celui du peuple Noir en général et de l'Afrique en particulier. Parce que Paris était quelque part une réaction à cette solitude, parce que je voulais faire du cinéma et que je ne me voyai pas en faire ailleurs que là bas, parce que confusément dans mes pensées enfantines je savais que tout était possible dans la capitale, que mon épanouissement passerait forcément par ce chemin. Et l'Afrique est arrivée, je l'ai déjà raconté ici, par les Antilles sous la forme d'une petite fille dans la cour de l'école du village voisin -qui se trouvait à cinq ou six kilomètres- elle avait des rubans dans les cheveux, des petits élastiques de couleur lui tenait les tresses. Je l'ai longtemps regardée avant d'oser l'approcher : toujours cette sacrée timidité, celle qui s'est atténuée mais n'a pas totalement disparue. C'est dans cette cour d'école quand j'étais en Cm1 que mon coeur a battu pour la première fois pour l'immense Continent. De cette période datent d'autres points de départ de tant d'autres choses ; certaines confirmées et certaines mises de côté comme dans un coffre à jouets mais qui sont encore en moi quelque part au milieu du sang de mes veines et la vie qui charrie son torrent d'imprévus, de chagrins, de joies, de moments inoubliables dans tous les sens du terme. D'autres encore réalisées, je me vois encore entrer pour la première fois sur un plateau de tournage, de ces nuits et de ces jours de saltimbanque, de toutes ces émotions ; petits bouts de rêves se réalisant devant mes yeux... que j'ai mis du temps à y croire, mon Dieu ! A Paris j'ai aimé, j'ai pleuré, j'ai souffert, j'ai fait l'amour, j'ai rencontré l'Afrique et les Antilles, côtoyé des gens plus que formidables ; certaines de mes nuits m'ont propulsé dans les faubourgs que d'aucun appellerait l'enfer et certains jours furent baignés de sang, d'un horizon noir, de lendemains qui n'existaient plus.

Et ce n'est pas fini.

(Photo personnelle : un soir, comptoir de bistro, Paris, quartier Ménilmontant)

Posté par Olivier O à 00:20 - MélanColie - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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