990.Le travail c'est la santé.
Le 28 avril, c'était la journée internationale des conditions du travail, organisée par le Bureau International du Travail et l'Organisation mondiale de la santé ; avouons que celle ci est passée quelque peu inapercue... Cela dit, voici quelques lignes sur la question, parues dans l'hebdomadaire "Marianne".
« Le travail c’est la santé », indique une célèbre chanson. Mais en attendant, chaque année, 200 000 personnes décèdent des suites de cancers contractés dans le cadre de leur travail. L’inhalation ou le contact avec des agents toxiques en sont les principales causes. En tête du palmarès mondial se trouve le cancer du poumon et la plèvre (mésothéliome) chez les personnes qui se sont trouvées à proximité de fibres d’amiante. Mais pas seulement… L’exposition prolongée à des agents cancérigènes tels que l’arsenic, la poussière, le benzène, les pesticides, la sciure de bois représente un risque pour la santé. Ces matières provoquent des leucémies et des dommages dans la vessie, le foie et les sinus.
En France, entre 1,4 et 2,6 millions de
salariés seraient exposés sans le savoir à des cancérogènes
d’origine industrielle qu’ils soient chimiques ou biologiques. Le
cancer dit « professionnel » est tabou, souvent attribué
au tabagisme et à l’alcoolisme.
Près de 20% des patients touchés par cette maladie déclarent appartenir à la catégorie ouvrière ; les secteurs de la sidérurgie et de la métallurgie, l’industrie chimique et pharmaceutique sont aussi en première ligne.
Le Dr Lehucher-Michel, membre du Comité régional des maladies professionnelles (PACA) reste prudente, « il est très difficile de savoir si l’augmentation du nombre de cancers est liée à une augmentation du dépistage. Aujourd’hui le cancer dû à l’amiante est le plus reconnu. Quant à l’arsenic présent dans les chantiers navals, il est aujourd’hui quasi inexistant et les cas de leucémies sont très faibles».
Selon l’OMS, des millions de travailleurs pourraient être touchés dans les décennies à venir. Un constat accablant mais réversible si les entreprises misent davantage sur la prévention. En France, celle-ci passe d’abord par l’information des salariés à travers la médecine du travail chargé de dépister les maladies professionnelles. Le Dr Lehucher-Michel ajoute que « les cancers professionnels sont bien dépistés et les gens de plus en plus sensibilisés. Nous formons des médecins généralistes pour prévenir ce type de maladies ».
De nombreux progrès restent à accomplir à l’échelle internationale. D’après le Bureau international du travail (BIT), environ 160 millions de personnes dans le monde souffrent de maladies liées à leur environnement professionnel.
Et travaillons plus pour gagner plus !
(Photo personnelle : la République, sur sa place, à Paris)