Chemins de Poussières

Ne remarquez vous pas que l'on supporte l'insupportable et que l'on accepte l'inacceptable ?

samedi 1 septembre 2007

Copinage....

Couv4

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dimanche 27 mai 2007

1003.Darfour, terre de douleurs.

Capture01Il y a quelques années, le photographe Raymond Depardon avait sorti un livre, doublé d'un film, qui s'intitulait "Afrique, comment ca va avec la douleur ?" Il est  vrai que le continent est terre de souffrances. Comme il est tout aussi vrai qu'elle est terre de créations, de vie, de soleil et de vitalités intellectuelles.Mais autant certains conflits que je ne citerai pas tant tout le monde les connait sont ultra médiatisés, d'autres au contraire sont totalement oubliés. Qui sait exactement où se situe le Darfour ? Qui sait précisément les forces en présence ? Qui connait les tenants et les aboutissants de tout ca ? J'avais écrit ici même que je parlerai de cette région du monde, l'occasion m'en est donnée ; je la saisis. Le logiciel Earth de Google vient d'avoir l'excellente initiative d'ajouter à ses cartes une documentation fournie sur le Darfour et sur le véritable drame qui s'y joue.La capture d'écran ci contre en est extraite.  Tout cela se passe loin, très loin de nous et surtout des caméras des médias de la planète. Parce que quelque part tout le monde s'en fout, tout simplement. On en a parlé très tard (rappellons quand même que tout a commencé en 2003...), de façon sporadique à la manière d'un feuilleton dont on aurait raté pas mal d'épisodes, sans aller au fond des choses. Nous mêmes ne sommes pas exempts : contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, on vit dans une époque d'individualisme forcené, on nous encourage à nous centrer sur notre petite personne. Quelques ONG sont sur place, quelques  journalistes ou photographes aussi. Certains gouvernements lancent une phrase par ci par là. L'union européenne ou les Etats Unis emettent parfois une opinion. Mais force est de constater que rien ne se passe. Je n'ai pas une passion pour Bernard Henri Levy ou Bernard Kouchner, ceci dit je les ai toujours appréciés pour leurs capacités à s'engager vraiment, à aller au charbon ; à payer de leur personne s'il le faut. Ainsi Levy est allé là bas et pas pour faire de la figuration, il a essayé de mobiliser pendant la campagne électorale ; les candidats avaient répondu favorablement.  On va voir ce que va faire Kouchner. Débutons par le début : le Darfour, c'est où ? Région de l'ouest du Soudan aux confins du Tchad, elle s'étend sur environ 510 000 km carré ; majoritairement peuplée de musulmans sauf au sud où l'on trouve des animistes. Rappelons brièvement que l'animisme est une croyance qui explique le monde par des âmes ou des esprits analogues à la volonté humaine, on la trouve en Afrique bien sur mais aussi en Amérique du sud ou en Océanie. Le Darfour par sa configuration ne peut supporter une grande densité de population. darfourHistoriquement, pour résumer, le Darfour a d'abord été une série de royaumes. L'islam semble avoir été introduit au XIVe siècle par les Tondjour, dont le roi aurait été Ahmed El-Makour. C'est en 1821 que l'Egypte décida de s'approprier le Soudan et donc d'occuper le Darfour. Nos amis anglais débarquent, les Egyptiens ne peuvent faire autrement que de gouverner avec eux, ce gouvernement bicéphale reconnaît alors un certain Ali Dinar comme sultan du Darfour. Lequel s'allie en 1916 avec l'empire ottoman pour déclarer la guerre à la Grande Bretagne.... Celle ci mate la rebellion et incorpore la région au Soudan qui était alors devenu anglais. Lequel Soudan devient indépendant en 1956. Voilà pour les bases historiques et géographiques.Il est toujours très difficile de savoir pourquoi on déclenche une guerre. Ici il s'agit en plus clairement d'une guerre civile. Guerre politique bien sur, mais surtout conflit pour des ressources : l'eau en premier lieu. Faut il rappeler que la région est en proie à une terrible sécheresse depuis 1970 avec son corollaire, la famine ?  Par ailleurs la découverte de pétrole attire aussi beaucoup de convoitises. Piqure de rappel également : le Soudan lui même sortait d'un guerre civile d'une vingtaine d'années (2 millions de morts) au moment où celle du Darfour débutait. La région ne peut pas accueillir beaucoup de population, or celle ci a doublé en vingt ans. Beaucoup d'ethnies à la répartition imbriquée, peu d'espace : les tensions se nouent. Trois tribus principales vivent ici : les Four -qui ont donné leur nom à la région-, les Masalit et les Zaghawa. Hiver 2003 : l'opposition s'en prend au président soudanais Omar El Bechir ; celui ci en représailles laisse agir les milices arabes, les Darfour_guerreDjandjaouids. Par ailleurs, l'armée soudanaise bombarde le Darfour. La population commence à subir les pillages et les viols de bandes armées soutenues par Khartoum, la capitale du Soudan. Le conflit oppose donc les tribus que l'on va qualifier "d'arabes", nomades et chamelières et les tribus "noires-africaines", plus sédentaires  et aux traditions pastorales, surtout non-arabophones. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils ont en commun la religion : l'islam.Sans parler, inévitable dans ce genre de situation, des sous main : tout le monde sait par exemple que la Chine si courtisée économiquement soutient le régime de Khartoum dans sa politique de mort. Reste que le résultat de tout ceci est une catastrophe : viols, esclavage, pillage, boucheries inhumaines, déplacement de population, famine, desespoir, détresse, mortalité effrayante.  N'oublions pas tous ces gens : parlons en, encore et encore.

Quelques pistes pour s'informer : Urgence Darfour - SLD/Sauvons le Darfour - Ministère des Affaires étrangères -

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dimanche 20 mai 2007

996."Des esclaves au paradis".

ph_010Sur une courte période, du 15 mai au 15 juin, se tient à Paris une exposition de photographies de Céline Anaya Gautier sur le thème de l'esclavage contemporain en République Dominicaine.  La photographe  présente ici son travail qui lui a valu d'être finaliste du prix Care et du prix Enquête du festival Scoop de la ville d'Angers. Déjà quelques références dans le métier. L'expo dénonce le trafic d'êtres humains et le maintien en esclavage des coupeurs de canne à sucre d'origine haïtienne dans les plantations de la République Dominicaine, petit pays situé sur une île  en Amérique centrale dans les caraïbes, entre Cuba et Porto Rico. Des noms qui font rêver mais l'envers du décor est plus que sinistre. Quand à Haïti c'est tout simplement... l'autre partie de l'île. Bref les deux états ont un destin lié. C'est d'ailleurs un peu plus de vingt mille haïtiens qui franchissent la frontière pour travailler dans les plantations de canne. Le tout avec la complicité des autorités des deux pays. En un peu moins d'une centaine de photos, Céline nous montre le quotidien misérable et poignant de toutes ces personnes. Des clichés sobres, empreints d'une grande humanité ; humanité que pour la plupart ces êtres ont perdu. Des êtres oubliés du monde comme le sont ceux du Darfour en Afrique, sans aucun doute encore bien plus. La photographe a choisi la couleur pour nous montrer ces peaux tannées, certaines ressemblent à du papier froissé ; ces visages aux yeux fatigués, des photos le plus souvent en gros plan ce qui accentue l'effet de proximité, l'émotion qui se dégage de ces images. Le tout accompagné d'une bonne documentation pour que l'on sache de quoi l''on parle exactement. Le lieu lui même est étonnant, inattendu. Il s'agit de l'ancienne usine Spring Court, dans le XIe arrondissement de la capitale. Fuligineuse et moi avons quitté la bruyante, la cosmopolite rue de Belleville un peu avant le métro Goncourt pour prendre le passage Piver, calme et nanti d'un sympathique square où des enfants jouaient et des familles papotaient (ce qui m'a permis au passage de prendre quelques photos que je publierai ici ou sur mon Fotolog) ; une impasse et l'ancienne usine apparait. Toute une architecture industrielle rénovée dans les tons gris dont on fait aujourd'hui des lofts dans la capitale. Endroit étrange, comme témoin d'une époque qui n'existe plus.
ph_005<--- Entrée du lieu de l'exposition.

Cette expo m'en a rappelé une autre que j'avais vue cette fois à la bibliothèque nationale de France, site de la rue de Richelieu ; elle présentait des clichés controversés d'un autre grand photographe, Salgado. Intitulée "penser le monde" le brésilien nous montrait une réalité de son pays, de ses habitants exilés un peu partout ; et plus largement un panorama de la souffrance humaine à travers le monde. Clichés pour la plupart en noir et blanc, qui m'avaient beaucoup impressionné. Controversés parce que l'on a reproché à Salgado de faire du spectacle avec la misère, la pauvreté et le désespoir. Faux procès bien évidemment. Sur ces problèmes que peut poser l'image -et Dieu sait si nous vivons dans une époque dominée outrageusement par elle- il n'est pas inutile de  (re) lire  un bouquin de Raymond Depardon, encore un immense photographe, publié en poche : "Notes, suivie de la solitude heureuse du voyageur". Certes on y trouve des photos, et pas des moindres. Mais surtout comme toujours chez cet infatiguable globe trotter à l'expérience immense (rappelons qu'il a crée l'agence Gamma) des réflexions sur la manière de photographier, des pensées sur le rôle du photographe et de son éthique. 
Bref, des images qui ne sont pas que des images : elles sont témoignage, elles sont facette d'une réalité que l'on oublie si on ne la voie pas. Des photos comme un texte, comme des ressentis. Une main à la peau flétrie par là, un visage exténué par ici avec dans les yeux toute une détresse que nul manuscrit ne pourrait rendre. Il reste encore des photographes pour nous expliquer le monde, pour nous le rendre plus proche. C'est une des raisons pour lesquelles je fais des photos et que j'aime ca.

(Je ne peux pas ne pas vous donner quelques sites, à commencer par celui de l'expo pour celles et ceux qui ne se trouvent pas dans la capitale : ICI - Un site sur Salgado avec un panorama de ses photos, un autre sur Depardon. Quelques photos de ce dernier dans un album, ici, à droite. Et puis, modestement, mes quelques photos sur un Fotolog)

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samedi 12 mai 2007

988.Un pays d'Afrique.

carte_guineeParmi les pays d'Afrique de l'Ouest, il y a la Guinée, dont la capitale est Conakry. Souvent d'ailleurs on l'appelle "Guinée-Conakry" pour la différencier des autres, la Guinée Bissau et la Guinée équatoriale. L'indépendance a été acquise le 2 octobre 1958 après que le Général de Gaulle ait lancé son référendum sur l'intégration du pays à la communauté francaise. Le premier président sera Sekou Touré qui fera alliance avec l'URSS et mettra en place un régime à parti unique. Le multipartisme est reconnu maintenant depuis 1992, la Guinée est une république élu pour sept ans. La capitale compte un peu plus d'un million d'habitants, les autres villes importantes sont Kankan, Labé, Nzerekore et Kindia. Le pays est entouré au nord de la Guinée Bissau, du Sénégal et du Mali ; au sud de la Sierra Leone , du Libéria et de la Côte d'Ivoire. Les Francais ont colonisé la Guinée en 1893, elle avait commencé vers 1850 avec l'instauration d'un protectorat dit des "Rivières du Sud", qui était rattaché au Sénégal. La monnaie est le Franc Guinéen (le pays ne fait pas partie de la zone CFA), et on dénombre un tout petit peu plus de 9 millions d'habitants. Notons que la Guinée est la source de 22 fleuves africains d'Afrique de l'Ouest notamment le Niger et le Sénégal. Pas mal de réserves de bauxite, de diamants, d'or, de fer et d'uranium. Le drapeau s'inspire de celui de la France comme beaucoup d'autres pays qu'elle a colonisé. Le rouge représente le sacrifice du peuple au cours de sa lutte pour la liberté, le jaune le soleil et le vert la luxuriance de la végétation. Trois couleurs qui ont un sens fort d'autant plus qu'elles rappellent la devise de la Guinée : "travail, justice, solidarité". Le pays est un des plus stables du continent, malgré les émeutes d'il y a quelques mois ou les tirs en l'air des militaires pour réclamer leurs soldes, ces tout derniers jours. L'origine du nom du pays est incertaine mais il semblerait que les premiers européens débarquant auraient rencontré des femmes africaines qui n'auraient répondu aux questions qu'en disant "guiné", ce qui veut dire "femme" en langue Sosso. Gide écrivait sur Conakry en 1927 : "La beauté des arbres, des enfants rieurs au torse nu, au regard languide, l'extraordinaire quiétude et la douceur de l'air, tout ceci semble promettre le bonheur, la volupté, l'oubli". La Guinée est composée de quatre grandes régions : la Basse Guinée, étroite bande cotière qui s'étend de l'Atlantique aux premiers contreforts du Fouta Djalon -chaine montagneuse d'Afrique de l'Ouest- avec une végétation de mangroves, de gigantesques palétuviers et de fromagers. La moyenne Guinée, constituée du massif du Fouta Djalon qui donne naissance aux plus importants fleuves africains, on y trouve les ethnies Djalankés et les Peuls.  La haute Guinée formée de vastes plaines, c'est là que le fleuve Niger prend sa source. L'ethnie principale est celle des Malinkés.  Enfin la Guinée forestière, région montagneuse avec le mont Ninba qui culmine à 1854 mètres et un sol qui renferme de grandes richesses minières. Malgré cette diversité de paysages et d'ethnies, le sentiment d'appartenance commune au même pays est une très forte réalité.

Quelques sites : Guinée -NewsGouvernement de la République ; La Guinée sur le site du ministère des Affaires étrangères francais.

Posté par Olivier O à 22:00 - Africa/Antilles - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 8 mai 2007

985.Fléau.

1178365508_fNotre nouveau président (il n'est pas utile d'écrire son nom tellement on l'a entendu ces dernières années) a déclaré dans une de ses premières interventions qu'il fallait aider l'Afrique. Louable intention que nombre de gens ont eu avant lui. Mais il faut l'aider de façon adulte, en arrêtant de prendre ses habitants pour des imbéciles mais au contraire pour ce qu'ils sont, c'est à dire des gens responsables plutôt que de les traiter si souvent avec ce sourire condescendant au coin des lèvres. Ainsi parlons d'un fléau qui touche le continent toujours aussi durement : le paludisme. Entre les deux tours de la présidentielle, pas mal de sujets sont passés à la trappe ; et justement le 25 avril était la journée mondiale du paludisme en Afrique, organisée par les participants du programme Roll Back Malaria.  Il y a fort à parier que peu de monde en a entendu parler...Un chiffre : chaque année, plus d'un million de personnes meurent de la malaria (autre nom de la maladie). Les recherches scientifiques actuelles tendent à utiliser les défenses naturelles du moustiques contre le parasite pour stopper sa progression. Hop, un peu de culture ne fait pas de mal : le palu est le résultat d'une infection causée par un organisme unicellulaire de la familles des Plasmodium, injecté dans le sang humain par un moustique du genre des Anophèles. Notons que c'est un médecin militaire français Alphonse Laveran, alors en poste à Constantine, qui découvrait en 1880 le parasite dans le sang de malades atteints de fièvres palustres et que c'est un entomologiste de la perfide Albion qui décelait treize années plus tard le même parasite dans le tube digestif d'anophèles prouvant que le moustique était bien le vecteur de la maladie. Au passage les deux hommes furent nobélisés au début du siècle dernier. L'épidémie est revenue au niveau de ce qu'elle était avant les années 50. Il est donc urgent de ne pas se démobiliser face à ce fléau comme face aux invasions de criquets, aux famines, aux guerres ; tout autant de choses qui accablent l'Afrique. L'Afrique qui n'est pas que cela, bien heureusement mais il faut bien avouer que l'on ne la présente souvent qu'à l'occasion d'une guerre, de tel ou tel trouble politique ; bref à l'occasion d'un malheur, d'une douleur. Alors oui, je vous montrerai l'Afrique telle qu'elle est aussi avec ses artistes, ses peintres, ses musiciens, sa cuisine, sa façon de vivre, son rapport aux choses, ses écrivains, ses philosophes, ses conteurs, ses forces vives et puis à travers tout le reste. Vous m'accompagnez ?...

(Photo tirée du Fotolog de Silvapinto - Site des journées mondiales du paludisme - Page de l'OMS)

Posté par Olivier O à 00:01 - Africa/Antilles - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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