Chemins de Poussières

Ne remarquez vous pas que l'on supporte l'insupportable et que l'on accepte l'inacceptable ?

samedi 1 septembre 2007

Copinage....

Couv4

Posté par Olivier O à 00:01 - Africa/Antilles - Permalien [#]

samedi 23 juin 2007

Fin de partie....

Ici, c'est fini.
Ailleurs, ca peut (mais c'est pas vraiment encore sûr) recommencer.
Que celles et ceux qui ne m'ont pas oublié suivent ce chemin.
Un autre chemin. J'ai mis très brièvement en ligne la nouvelle adresse  internet d'un nouveau carnet où je vais tenter de faire rebattre mon coeur. Cette adresse est restée une seule journée : pour celles et ceux que cela intéresse, il suffit de m'adresser un courriel ; je me ferai un plaisir  de la leur communiquer.

Olivier.

Posté par Olivier O à 14:34 - Vivre quelque part - Permalien [#]

jeudi 21 juin 2007

1019.Se taire.

Pas de connexion - Stop - Pas envie d'écrire - Se taire - stop.t_pilou_for_you

Posté par Olivier O à 17:18 - Vivre quelque part - Permalien [#]

mardi 19 juin 2007

1018.Des lieux que j'aime.

Lac_et_Mont_Aigoual

Les Cévennes (ici un lac et le Mont Aigoual dans le fond).

Posté par Olivier O à 00:01 - Vivre quelque part - Permalien [#]

dimanche 17 juin 2007

1017.Le vent qui souffle.

cimetiere_vysehrad

Cette photo montre une tombe d'enfants dans un cimetière de Prague. Que l'auteur m'excuse, mais je suis incapable de me rappeler où j'ai pu la récupérer.  Je le disais avant hier mes écrits ne sont pas d'une gaieté folle en ce  moment, certains commentateurs ou commentatrices l'ont d'ailleurs confirmé. Mais comme je l'écrivai aussi, je ne vais pas enfiler le masque de la bonne humeur, du sourire jusqu'aux oreilles. On porte assez de masques comme ça. On joue assez de rôles à longueur de temps. Il y a assez de faux semblants. Personne n'est obligé de venir sur ce carnet, personne n'y est obligé de laisser un commentaire. Celles et ceux qui impriment leurs traces ici le font de leur plein gré, parce qu'ils le veulent. Et ca me fait toujours plaisir. J'ai toujours écrit ici ce que je ressentais, mes révoltes et mes indignations ; mes joies (certaines), mes chagrins (certains), mes incohérences (toutes). Mon existence prend une autre tournure, une autre route. Guidée par un simple mot : essentiel. Je n'emporterai dans mes bagages que l'essentiel, que ce qui a compté et ce qui compte. Rien d'autre. Il n'y a aucun ordre, aucun classement : la littérature, mes livres, tous les livres que je pourrai ; ce métier que j'ai aimé passionnément  et dont on m'a privé, la femme que j'ai toujours aimé parce qu'elle est un fleuve qui coule en même temps que mon sang ; mon fils parce qu'il est ce que j'ai pu faire de mieux, quelques disques de jazz et certaines chansons qui ne me quittent pas, le souvenir de mes amis qui ont fait ce qu'ils ont pu. Le reste n'est qu'illusion, le reste n'est que superflu. Avoir tort, avoir raison.... Quelle importance. Un_soir__Boulevard_Haussman__Paris__d_cembre_2006_Les choses sont ce qu'elles sont, ce qu'ont a fait d'elles ou ce que l'on a laissé faire d'elles. Avoir une grosse gomme, tout effacer, recommencer. Mais j'ai recommencé tant de fois que mes forces m'ont abandonné, mes yeux sont fatigués, mon coeur est usé, mes jambes ne veulent plus avancer on dirait. J'ai du me tromper sur la vie quelque part, ou alors j'ai fait un pari sur elle que j'ai lamentablement perdu ; je me suis lancé sans doute trop de défis, je suis  trop différent , trop anti-conformiste (et en plus sans le vouloir), trop tout finalement. Il n'y a que le silence qui traduit ce que je ressens. Des moments suspendus, comme maintenant, où l'écriture me prend comme une rage, une fièvre qui monte en moi ; une forte puissance qui m'accapare, s'emparant de moi en dévastant tout. Ecrire, encore, toujours ; encore plus. Dire. Descendre plus profond, extirper la masse noire, la regarder en face, lui dire que je ne suis pas dupe.

(Photo personnelle  du bas : Boulevard Haussman, un soir de décembre 2006, Paris)

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samedi 16 juin 2007

1016.Comme si je devais mourir demain.

Un_soir_de_pluie__Place_Saint_Andr__des_Arts__ParisLa pluie, les orages, une certaine fraîcheur ne quittent plus la capitale depuis plusieurs jours. Un peu comme moi je ne la quitte plus, mais depuis plusieurs mois. Je regarde Paris sans plus le supporter, souvent. Après la pluie le beau temps. La lumière au bout du tunnel. Ca ira mieux demain. Autant de phrases creuses que l'on entend depuis l'enfance, autant de mots mis bout à bout et qui ne veulent pas dire grand chose, sorte de méthode Coué du pauvre, du très pauvre. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis rappellé ce matin de la première fois où j'ai fumé : je devais avoir dix huit ans, peut être dix neuf, c'était dans les toilettes d'un camping sans étoiles près du Pont du Gard, ce fameux aqueduc qui amenait l'eau à la ville de Nemausus, c'est à dire Nîmes. Et là maintenant, je bois un café dans un verre ; je regarde la pluie qui tombe à travers le vent et quelques rayons de soleil. J'ai froid. Une femme boit un café en lisant le journal, un homme semble triste devant son demi au comptoir, le serveur balaie la salle et le barman fume une cigarette en regardant dans le vide. Etranges temps. Il y a le deuxième tour des législatives. Il y a ces gens qu'on déplace en les apppelant "les premiers réfugiés climatiques".  Il y a tout ce désordre, ces cris, ce sang qui coule, cette haine, ces éclairs. Je ne sais pas si l'humanité va à la catastrophe ou pas. Le paléontologue Yves Coppens à qui on posait un jour la question répondit qu'il avait foi en l'humanité parce qu'elle avait toujours su avoir un sursaut. Certes. Tout dépend du moment du sursaut, et là on a tout de même la nette impression qu'il est trop tard, de peu mais trop tard. Il y a le Darfour qui flambe, les otages que l'on retient, les enfants qui travaillent partout, la pauvreté qui gagne toujours plus de terrain y compris dans notre si beau pays riche ; il y a la Terre qu'on assassine, le sang, les cris, la détresse.On se suicide sur les lieux de travail. Je pense de plus en plus que finalement tout le monde est paumé, tout le monde ne sait plus où il en est. Les médias nous abreuvent de choses sans importance, telle ou telle vie d'un chanteur, d'un sportif, d'un quelquonque quidam dit people ; jamais les apparences n'avaient été aussi visibles, importantes, pathétiques et dérisoires. On nous oblige à être heureux, à avoir sans cesse l'esprit de compétition, à être au "top" constamment ; jamais d'arrêt, jamais de pause sinon ce sera un aveu de faiblesse. Tristesses des temps, époque lamentable. On nous oblige à croire à un avenir pourtant -et tout le monde le sait- bien sombre.  On fait comme si. Tant que le soleil brille, tant que l'eau est bleue, le sable chaud et l'herbe verte.... Même le soleil masqué par une pollution que rien n'arrête, même l'eau dégueulasse avec de moins en moins d'espèces vivantes, même l'herbe pourtant pas aussi verte... mais du moment où la présentatrice météo nous annonce avec ce sourire idiot qu'il va faire beau, tout le monde est content. Et en plus en ce qui concerne notre modeste contrée Sarkozy nous promet des jours nouveaux, meilleurs. Formidable. Je vis comme si je devais mourir demain, ce qui après tout est peut être le cas. Mesurer le temps qui reste, les heures et les minutes. Me voilà devant un verre de Chardonnay, un sandwich saucisson sec-beurre. Je m'allume une bonne cigarette. Je pense à  cet amour peut être perdu, je souris parce que je n'aime que cette femme et que j'ai mis du temps à m'en apercevoir, trop de temps ; je souris parce que son souvenir me fait du bien, parce que le simple fait qu'elle existe me fait du bien même si son absence là maintenant est cruelle, douloureuse.
C'est samedi, début d'après midi. Je mourrai lundi.

(Photo personnelle : Place Saint André des Arts, Paris, un soir de pluie)

Posté par Olivier O à 13:00 - LarMes sècHes - Permalien [#]

vendredi 15 juin 2007

1015.N'avoir envie de rien.

stmenouxprieVide. Je me sens vide. Un trop plein de choses qui n'arrivent pas. Ma patience s'est perdue dans les fleuves de mes tristesses.  Ma vie n'est même plus au ralenti, elle semble s'être arrêtée au pied de ma lassitude. Je sais que je ne suis pas très marrant à lire en ce moment.

Mais je ne vais pas sourire jusqu'aux oreilles alors que mon coeur est sous l'eau. J'ai toujours été honnête avec vous. Hier, comme aujourd'hui.

Posté par Olivier O à 15:00 - MélanColie - Permalien [#]

mercredi 13 juin 2007

1014.Je pleure un amour.

508558Je pleure un amour, peut être perdu à jamais. Je pleure et mes larmes sont autant d'éclats de mon coeur qui coulent sur mes joues. Je pleure un passé dont je ne me rendais pas compte quand il était présent. C'est toujours ainsi, ma mère me disait souvent "on sait ce que l'on quitte, on ne sait pas ce que l'on trouve". Je pleure et rien n'arrête ce flot salé. Pleurer, c'est attendre. Attendre un coup de téléphone qui ne vient pas, qui vient trop tard. S'il vient. Ce sont les heures qui semblent des semaines, celles là même qui durent des années. Les soirs qui n'en finissent plus, la nuit qui ne tombe plus. Pleurer c'est ne pas parler. Parce qu'il arrive un moment où aucun vocabulaire ne correspond aux douleurs. Où faire une phrase devient une souffrance. Un silence peuplé de bruits étranges, de lumières vives, d'images venues d'on ne sait pas où, des images que l'on ne croyait plus présentes ici et maintenant.  Je pleure moi même, dans chaque goutte je me maudis. Jamais je n'ai senti autant la faute, jamais je ne m'en suis autant voulu. Tout mon intérieur n'est qu'un ciel de temps maussade, un de ces cieux plombés qui m'ont toujours fait peur, avec leurs grosses gouttes qui éclatent sur le sol. Fatigue. Lassitude. Guerres dont on ne veut plus. Se noyer dans les peut être. Le coeur à l'abandon, le sang qui coule dans toutes les directions, parce qu'il faut qu'il coule. Je pleure le quotidien. Le repas que l'on prépare, le corps que l'on voit sortir de la douche, le ronflement qu'on ne supportait pas la nuit, la chaleur de son corps, une douceur de sa peau ; je pleure une façon de vivre, des endroits de Paris que je ne peux plus voir fut ce en peinture, un regard dans le vide que j'aime tant, je pleure une infinie tristesse. Pleurer c'est ne plus pouvoir écrire, lire. C'est regarder où l'on ne peut plus rien voir, où l'on existe plus. Ce soir, il y a trois épisodes de FBI portés disparus.

Je pleure un amour peut être perdu.

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mardi 12 juin 2007

1013.Brisures.

Adam_eve_travailUn article paru dans Liberation du mardi 12 juin. Rien à ajouter.

Le travail est la cause des catastrophes sanitaires les plus importantes actuellement dans notre pays. ­ Drame de l’amiante avec ses cent mille morts programmés. Suicides en série dans les entreprises, partie émergée d’une souffrance au travail grandissante responsable de véritables épidémies de dépressions et d’épuisement professionnel. Les 15 000 morts de la canicule avaient déclenché déclarations retentissantes, démissions en série, enquêtes parlementaires et dispositions réglementaires. Aujourd’hui, les catastrophes sanitaires liées au travail ne déclenchent qu’un silence assourdissant.

Les veuves de Dunkerque manifestent en vain sur la place publique, les médecins du travail écrivent des livres blancs. Rien. Les morts tombés au champ du travail sont frappés par une loi du silence que rien ne vient lever. Pendant ce temps, dans le secret de nos cabinets médicaux, se raconte la détresse de tous ces salariés dont la dignité et l’estime de soi ont été déglinguées par le travail.

Souffrance indicible tant le travail occupe une place importante pour chacun d’entre nous dans l’épanouissement et la réalisation de soi.

Parce que personne ne peut mettre sa vie entre parenthèses quand il est au travail. Parce que parfois le travail envahit tout l’espace.

Le suicide est le geste ultime de celui qui ne voit plus d’issue et qui n’a plus le courage de continuer.

Alors quand les soucis personnels se surajoutent, c’est l’implosion, le dévissage brutal et incompréhensible pour l’entourage.

Surcharge, pression, complexification, contrôles incessants, procédures ­in­a­daptées, objectifs irréalistes - quotidien de nombreux salariés - sont les causes de cette épidémie.

Dans cette bataille pour bien faire leur travail, les salariés y laissent plus que la sueur de leur front, car la grande majorité y mettent le meilleur d’eux-mêmes.

Et ils y perdent aussi le meilleur d’eux-mêmes.

Face à cette détresse, nul n’est besoin de convoquer psychiatre et gestionnaire du stress. C’est le travail qu’il faut ­convoquer. Car c’est le travail qui est ­malade.

Dialogue autour de la réalité du travail quotidien, aménagement de l’organisation du travail, règles de métier collectives, respect des limites physiologiques humaines, formation et promotion sociale sont les seuls traitements efficaces dans cette nouvelle catastrophe sanitaire qui s’annonce.

Soigner le travail doit être déclaré priorité nationale de santé, et les traitements, mis en œuvre dans chaque entreprise. Vite.

(Illustration : Adam et Eve au travail)

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lundi 11 juin 2007

1012.Certaines peurs.

D_viation__Paris__Belleville__juin_2007_L'époque que nous vivons se nourrit de pourcentages en permanence.Tant de personnes pensent ceci et tant d'autres cela, le reste est à l'avenant. Les tropiques étaient tristes pour Levi Strauss, pour moi c'est bel et bien la vie telle qu'on nous la propose qui me semble triste à  pleurer. J'écris bien la vie et non le monde. Car la terre est belle, magnifique. Est il besoin de dérouler des évidences doublées de banalités ? Je ne le crois pas. Mon ami Berlioz revient d'une des plus belles régions d'Italie, il écrit qu'il y est encore ; je le comprends tout à fait pour connaître moi même assez bien le pays de Dante. Ce qui me fait penser à cette divine Comédie, un des plus beaux livres que l'on ait écrit, et dans lequel on trouve l'Enfer. J'ai toujours pensé que celui ci ou en tout cas certains de ses aspects était ici, sur notre bonne vieille terre. Nul besoin d'aller le chercher dans un au-delà aléatoire. Je regardai l'autre jour, très tôt le matin, mes compères de voyage dans le métro parisien. Certains fermaient les yeux finissant leur nuit, d'autres lisaient, du journal gratuit au dernier roman à la mode ; ceux là restent les yeux ouverts dans le vague à la poursuite de soucis qui se baladent dans leurs têtes, ceux ci ne restent pas en place comme habités par on ne sait quelle inquiétude. Et l'on en voie aussi avec le téléphone portable à l'oreille, communiquant avec l'autre bout du monde peut être mais pas avec la personne qui est là, juste à côté d'eux. Pas un sourire, pas une parole. Superbe ignorance. Au bout du fil (enfin du réseau) y a  t-il vraiment quelqu'un ? Ne se donne t-on pas une contenance avec le téléphone ? J'avais lu un article de journal il y a quelques temps qui en parlait : le portable devenait un objet de dérivation, comme tant d'autres. Pourquoi veut on nous faire croire à tous prix que nous vivons des temps solidaires, où chacun et chacune vient au secours de l'autre ? Jamais sans doute l'individualisme n'a été aussi grand, jamais on a été autant centrés non seulement sur notre petite personne mais aussi sur notre environnement le plus immédiat : notre maison, nos prochaines vacances, notre bonheur, notre corps... nos trucs et nos machins.  Ceux qui se mobilisent pour telle ou telle cause sont la minorité : il faut le dire clairement, le Darfour tout le monde s'en fout, idem pour les SDF, les gens dans la misère, les difficultés financières, la détresse ; qui se soucie vraiment de ce qui se passe en Colombie, dans les bidonvilles de Calcutta ou de notre beau pays la France ? Un peu comme si tout le monde -ou presque- se disait au fond de lui "Après moi le déluge..." 

Et des déluges, en ce moment, il y en a.

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dimanche 10 juin 2007

1011.Un état du monde.

Le_tympan__Paris__Belleville__juin_2007_Je n'ai toujours pas de connexion internet, c'est donc d'un bistrot équipé d'une borne que je vous transmets cet article. Pas d'idée spéciale de billet, tout se bouscule dans ma tête ; les mots vont venir les uns après les autres, à la suite des autres. Ce week end, c'est fête dans mon quartier parisien de Belleville : stands d'artisans en bijoux, peintres, fabricants de masques en cuir ; couvertures étalées sur les trottoirs par des particuliers où l'on trouve de tout, de la poupée désarticulée au phonographe de grand papa en passant par la collection complète de Paris Match depuis 1955.  Une estrade est en place sur la place de l'Eglise, des hauts parleurs diffusent une musique plus ou moins bonne, les enfants courent dans tous les sens, les gens rient et, miracle, se parlent.... Des groupes musicaux parcourent les rues du quartiers, en voici un par exemple de tambours, de percussions aux rythmes colorés de l'Afrique. Je sors sur la place pour aller prendre des photos. Les percussions produisent sur moi toujours ce même effet ; on dirait que mon coeur accélère, ca frappe, ca cogne, la répétition amène une sorte d'abandon, de transe. La une du journal Liberation dit qu'il faut réagir. Réagir face à cette mainmise outrancière d'un parti sur le fonctionnement du pays. Je suis écoeuré. Ecoeuré au point de ne pas en parler, de ne rien écrire sur le sujet. Ecoeuré au point éventuellement de ne pas aller voter, cette fois ci. Les jours ont passé, les analyses se sont répétées dans les journaux, les radios, la télé -je regarde peu la télé- et je ne comprends toujours pas pourquoi les Francais ont donné le pouvoir à Sarkozy. Résister écrit Joffrin dans Libération. Oui, il a raison. La République n'est pas en danger, le fascisme n'est pas à nos portes poursuit il. Mais on ne peut laisser faire ce qui se passe en ce moment. Et, paradoxalement, mon premier geste de résistance ce sera peut être de ne pas aller voter. Parce que je pense que la gauche doit prendre la déculottée la plus grande possible pour pouvoir faire du passé table rase, enfin. La France endormie roupille toujours, et plus le réveil tarde plus il sera dur. Je reviens dans le café. Je vois l'estrade où les tambours frappent, je vois la foule, les enfants qui se trémoussent, les nuages gris-noir qui traversent le ciel de la capitale. Car oui, nous sommes dans la capitale. Quand on y habite, qu'on y travaille on a souvent tendance à l'oublier. Belleville, en tout cas dans la partie où je suis -entre la place des Fêtes et le métro Pyrénées-  semble un petit village, que j'ai eu l'occasion déjà de décrire ici. Paris n'est pas partout cette ville stressante, agressive, immense et embouteillée que l'on décrit ou que l'on s'imagine si souvent. Les pensées se bousculent encore dans mon cerveau endolori. Je laisse faire. Trop de choses se passent dans ma vie personnelle pour que je sois totalement dans ce que l'extérieur nous impose. Une de ces périodes de la vie qui necessite le silence, la solitude, le questionnement. Comment faire quand on se sent détaché du monde immédiat qui vous entoure ?  Je me sens ailleurs, sans trop savoir où même si quand même je suis ramené dans certains coins....  Soleil_noir__Paris__Belleville__juin_2007_Mon enfance par exemple. Des odeurs, des saveurs, des moments suspendus dont je me souviens. Le parfum des tomates farcies un matin de juillet, tôt ; ma mère s'était levée aux aurores pour les confectionner et elles embaumaient toute la maison alors que déjà le soleil provencal faisait chauffer un ciel bleu comme un enfer délicieux. Tiens ! Le soleil se met à briller, Paris semble s'illuminer. Les femmes sont en jupe, les hommes en tee-shirt, les enfants en tongs ; on dirait que tout va bien, que le bonheur est bien là, "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes" disait Voltaire par la bouche de Candide.... Les tambours ont quitté la scène, les enfants l'ont investi pour s'amuser. Je suis fatigué. J'ai besoin de dormir. A l'intérieur du bistro des gens lancent des plaisanteries ; un café s'il peut être sordide, glauque peut être aussi un lieu social, un lieu de relations, de chaleur humaine, tout à fait indépendamment de ce que l'on peut y boire. Je vous ai souvent parlé du "mien" : il est tranquille, fréquenté par beaucoup de petits vieux, des gens de toutes les couleurs. Ici pas de flipper, pas de baby foot. Mais du jazz  en fond sonore ou sur la scène, parfois de la musique africaine aussi. On dit que la journée de dimanche sera chaude sur la capitale, le soleil brille déjà après les brumes du matin. Je me suis réveillé tôt, le chant des oiseaux du parc des Buttes Chaumont tout proche est venu me titiller les oreilles ; il me semble que j'ai ouvert les yeux doucement.

"La vie, c'est recommencer" (Romain Gary)

(Photos personnelles, hier à Belleville - clic pour agrandir)

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samedi 9 juin 2007

1010.Une ligne bleue.

On nous promet du bleu, beaucoup de bleu pour demain dimanche. Me vient à l'esprit la ligne bleue des Vosges, de triste mémoire en 1914. Je n'ai jamais aimé vraiment la couleur bleue. La politique n'est devenue qu'un vaste spectacle, une espèce de show people, une scène d'un mauvais théâtre où se jouent de médiocres pièces et pourtant, dit on, le public vient nombreux. Etrangeté des temps. Alors plutôt que de colorier chaque département en bleu, je propose ceci :

yves_klein__monochrome_bleu1960b

Un monochrome bleu d'Yves Klein, daté de 1960.

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vendredi 8 juin 2007

1009.Attendre.

Y a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout

Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout

Evidemment
Evidemment
On danse encore
Sur les accords
Qu'on aimait tant

frogEvidemment
Evidemment
On rit encore
Pour les bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant

Et ces batailles dont on se fout
C'est comme une fatigue, un dégoût
A quoi ça sert de courir partout
On garde cette blessure en nous
Comme une éclaboussure de boue
Qui n'change rien, qui change tout

Evidemment
Evidemment
On rit encore
Pour les bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Pas comme avant

(Michel Berger. La photo vient d'ici)

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jeudi 7 juin 2007

1008.Une si grande fatigue.

fatigueDes automnes, des hivers, des printemps et des étés. Des nuits entières à rêver sans dormir, des jours pleins et d'autres tellement vides.  Je me rappelle avoir eu tant d'autres vies, étranges découpages d'autant de moi même et pourtant c'était toujours moi. Parfois tout se brouille. Je voudrai prendre plusieurs années sabbatiques d'existence ; mourir et revenir dans dix ou quinze ans. M'arrêter et reprendre. Il y a des soirs où je ne crois plus en grand chose, où mes portes restent closes, où je ne suis que l'ombre de ce que j'ai été et à peine l'esquisse de ce que je voudrai être demain. Des soirs où je suis fatigué. Mon corps me demande quelque chose de doux, de soyeux, de tendre. Mon âme me demande une direction, un endroit calme. Le ciel semble m'appeler, mes poumons veulent plus d'oxygène ; j'ai envie de courir dans les rues de Paris, passer au travers des immeubles, des voitures, des rames de métro... courir à ne plus m'arrêter, sans savoir où je vais ; j'ai envie de pleurer de tristesse et de de joie en même temps. Une forme de la solitude, celle dont on ne sait plus très bien si elle est subie ou voulue, mais peu importe après tout. Je regarde mes mains taper sur le clavier pour écrire ces lignes. Je croise en songe ces visages, ces sourires qui m'ont tous emporté ailleurs, sur ce continent immense et dans lequel je vis : mon corps est ici mais tout le reste est là bas. Mon regard s'attarde sur des photos, des yeux, des pleins et des déliés. Ce soir oui mes chemins sont de poussières. Je passe d'un morceau de jazz à  l'autre, de Keith Jarrett à Coltrane, de Pat Metheny à Marcus Miller et tous me remplissent de cette envie de partir, de m'échapper d'une vie qui n'est plus la mienne. Je pense à vous qui me lirez, vous qui passez ici. Je pense à moi, à ce silence qui m'entoure seulement troublé par les notes de musique et le bruit de ma cigarette qui se consumme. Ni tristesse, ni joie. Une plénitude plutôt. Quelque chose de l'ordre du supérieur, d'une force au dessus de moi. La sensation étrange, limpide et béate d'être totalement moi. Quelque chose a changé. J'ai vidé mon armoire, jeté des vêtements comme on laisse une vieille peau derrière soi, serpent ou phénix qui renaît de cendres où la braise rougeoie pourtant encore. J'ai jeté ces tissus avec satisfaction, presque une jubilation. J'ai fait ma valise, je me suis coupé les ongles, lavé les cheveux, rasé au plus près. Le ménage a été fait du sol au plafond, j'ai changé les draps de mon lit.

Je n'avais plus qu'à fermer la porte derrière moi. Et ne plus revenir. Jamais.

(La photo vient de )

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samedi 2 juin 2007

1007."Pause"

Pas de connexion internet en ce moment. Ca tombe à peu près bien, je n'ai pas grand chose à écrire, à dire. Du moins ici. Des inquiétudes tenaces me taraudent l'esprit. Elles s'en iront comme les feuilles emportées par le vent du soir, elles reviendront aussi comme les gouttes de pluie de septembre.
Ainsi va la vie.

Posté par Olivier O à 09:18 - Vivre quelque part - Permalien [#]