Chemins de Poussières

Ne remarquez vous pas que l'on supporte l'insupportable et que l'on accepte l'inacceptable ?

lundi 11 juin 2007

1012.Certaines peurs.

D_viation__Paris__Belleville__juin_2007_L'époque que nous vivons se nourrit de pourcentages en permanence.Tant de personnes pensent ceci et tant d'autres cela, le reste est à l'avenant. Les tropiques étaient tristes pour Levi Strauss, pour moi c'est bel et bien la vie telle qu'on nous la propose qui me semble triste à  pleurer. J'écris bien la vie et non le monde. Car la terre est belle, magnifique. Est il besoin de dérouler des évidences doublées de banalités ? Je ne le crois pas. Mon ami Berlioz revient d'une des plus belles régions d'Italie, il écrit qu'il y est encore ; je le comprends tout à fait pour connaître moi même assez bien le pays de Dante. Ce qui me fait penser à cette divine Comédie, un des plus beaux livres que l'on ait écrit, et dans lequel on trouve l'Enfer. J'ai toujours pensé que celui ci ou en tout cas certains de ses aspects était ici, sur notre bonne vieille terre. Nul besoin d'aller le chercher dans un au-delà aléatoire. Je regardai l'autre jour, très tôt le matin, mes compères de voyage dans le métro parisien. Certains fermaient les yeux finissant leur nuit, d'autres lisaient, du journal gratuit au dernier roman à la mode ; ceux là restent les yeux ouverts dans le vague à la poursuite de soucis qui se baladent dans leurs têtes, ceux ci ne restent pas en place comme habités par on ne sait quelle inquiétude. Et l'on en voie aussi avec le téléphone portable à l'oreille, communiquant avec l'autre bout du monde peut être mais pas avec la personne qui est là, juste à côté d'eux. Pas un sourire, pas une parole. Superbe ignorance. Au bout du fil (enfin du réseau) y a  t-il vraiment quelqu'un ? Ne se donne t-on pas une contenance avec le téléphone ? J'avais lu un article de journal il y a quelques temps qui en parlait : le portable devenait un objet de dérivation, comme tant d'autres. Pourquoi veut on nous faire croire à tous prix que nous vivons des temps solidaires, où chacun et chacune vient au secours de l'autre ? Jamais sans doute l'individualisme n'a été aussi grand, jamais on a été autant centrés non seulement sur notre petite personne mais aussi sur notre environnement le plus immédiat : notre maison, nos prochaines vacances, notre bonheur, notre corps... nos trucs et nos machins.  Ceux qui se mobilisent pour telle ou telle cause sont la minorité : il faut le dire clairement, le Darfour tout le monde s'en fout, idem pour les SDF, les gens dans la misère, les difficultés financières, la détresse ; qui se soucie vraiment de ce qui se passe en Colombie, dans les bidonvilles de Calcutta ou de notre beau pays la France ? Un peu comme si tout le monde -ou presque- se disait au fond de lui "Après moi le déluge..." 

Et des déluges, en ce moment, il y en a.

Posté par Olivier O à 15:00 - Vivre quelque part - Permalien [#]